Dernière chance pour Wauquiez ?
Publié le mardi 02 mars 2010 à 06h00
L'actionnaire majoritaire, la communauté urbaine et d'autres financeurs sont prêts à investir plus d'un million d'euros.
Aujourd'hui, au tribunal de commerce, le sort des chantiers navals Wauquiez doit être décidé. Suspendus aux 500 000 E que Bénéteau leur doit, les salariés s'inquiètent pour leur avenir.
HUGUES BALLOIS > hugues.ballois@nordeclair.fr
« C'est la bataille de la dernière chance ». Hier, les salariés des chantiers navals Wauquiez avaient le moral en berne. Depuis qu'ils ont appris que Bénéteau, leur ancien actionnaire, les lâchait. Pour sortir de la crise, depuis juillet, la société a été placée sous procédure de sauvegarde. Le PDG de la société a fait appel à des investisseurs dont Bénéteau pour renflouer la trésorerie. Mais ce dernier ne serait plus prêt à verser les 500 000 E (lire notre édition de dimanche). « Notre avis à tous, c'est qu'il nous enfonce, lâche un des salariés. C'est une journée critique pour le moral et pour l'avenir. » Aujourd'hui au tribunal de commerce de Roubaix-Tourcoing, c'est l'audience de la dernière chance pour l'entreprise. Si Bénéteau ne change pas d'avis, le tribunal pourrait prononcer la liquidation judiciaire du fabricant de bateaux de plaisance de luxe (lire encadré). « Le personnel se rendra au tribunal pour montrer qu'il reste motivé », soulignent Christophe Patte et Johann Capelle, délégués FO. « Bénéteau nous doit cet argent, renchérit Christophe Patte, ce n'est pas un cadeau qu'il nous fait, c'est une pénalité. » Quand Bénéteau a vendu Wauquiez à Verdoso, il s'est effectivement engagé à fournir un quota d'heures de travail pour la construction de ses bateaux.
« Il n'a pas joué le jeu et maintenant s'il ne signe pas, ce sera fini », prévoit-il.
Hier, une banderole avec le chiffre d'affaires du numéro un mondial était accrochée sur les grilles de Wauquiez.
Pas de grève
« On ne veut pas faire peur aux clients et il n'y a pas de grève. Le travail se poursuit et on soutient les choix du PDG, Hugues Thiébaut, insiste le délégué. La boîte a des projets, s'est réorganisée, a des clients et un savoir-faire incontestable. On fait du sur-mesure ici. » Pourtant, aujourd'hui, « c'est quitte ou double ». Bénéteau, seul, détient la clé. « Maintenant, on spécule, il doit y avoir un intérêt derrière ce revirement de Bénéteau », pensent les salariés. En clair, l'ancien propriétaire veut-il tout simplement couler Wauquiez ? Et éviter ainsi de payer son dû.w


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