Le maire ne digère pas l'affaire de la banderole
Publié le samedi 27 février 2010 à 06h00
Le maire de Lens souhaiterait que l'affaire de la banderole de la honte ne soit pas «enterrée comme un simple fait divers».
Il y a deux ans, une banderole injurieuse envers les Nordistes avait été déployée au Stade de France par des supporters du PSG, lors d'un match opposant le club parisien au RC Lens. Aujourd'hui, Guy Delcourt garde un goût amer de cette affaire qui arrive à son épilogue.
CÉLINE DEBETTE > celine.debette@nordeclair.fr
Si le 29 mars 2008 reste gravé dans la mémoire de Guy Delcourt, il est classé dans la catégorie des mauvais souvenirs. Alors que, sur le terrain du Stade de France, le RC Lens affronte le Paris Saint-Germain en finale de la Coupe de la Ligue, le maire, comme des milliers de spectateurs et téléspectateurs, assiste au déploiement, dans la tribune des supporters du PSG, d'une banderole arborant un message injurieux à l'adresse des Nordistes : « Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Ch'tis ». « Elle est restée visible durant trois minutes. Les stadiers sont restés statiques. C'est inacceptable », tempête le maire de Lens qui, dès le lendemain, porte plainte contre X auprès du tribunal de grande instance de Béthune qui a renvoyé le dossier à celui de Bobigny.
À ce jour, dix personnes sont mises en examen dans cette affaire pour « provocation à la haine ou à la violence dans une enceinte sportive ou à l'occasion d'une manifestation sportive » et risquent 15 000 E d'amende et un an de prison. La date du jugement devant le tribunal de Bobigny n'a pas encore été fixée à ce jour.
Cette nouvelle, qui marque l'épilogue de l'affaire, aurait pu réjouir Guy Delcourt. Pourtant, il ne décolère pas : « L'enquête a révélé que la banderole avait été confectionnée dans les locaux de supporters gérés par le PSG. Les dirigeants du club sont donc responsables et, par conséquent, auraient dû être inquiétés ».
Complicités dans le stade ?
Et le maire dispose de bien d'autres arguments pour étayer son propos. « Comment expliquer que cette banderole soit entrée si facilement dans le stade alors que les fouilles à l'entrée ne laissent rien passer, même pas un parapluie pliable. De toute évidence, il y a eu des complicités », martèle-t-il.
Ce coup de gueule du maire, à quelques jours de la rencontre PSG-OM, n'est pas un hasard. « Quand je découvre dans la presse le dispositif policier qui est mis en place en amont de ce match par peur de débordements violents de supporters du PSG, je suis scandalisé. Je ne comprends pas qu'une bande de zozos puisse toujours agir avec la même force et la même facilité. Malgré les engagements du gouvernement et la dissolution des Boulogne Boys, la situation n'a pas changé », déplore le maire de Lens.w





