Un pavé dans le marais
Publié le samedi 20 février 2010 à 06h00
Depuis plusieurs mois, la construction d'un nouveau déversoir d'orage relié au marais suscite une levée de boucliers du côté d'un groupe d'Annaysiens. Ces derniers s'inquiètent des conséquences de l'installation de ce nouveau système sur la biodiversité du site.
CÉLINE DEBETTE > celine.debette@nordeclair.fr
Pour certains habitués et amoureux de l'étang d'Annay-sous-Lens, c'est le déversoir de trop. La construction, actuellement en cours, d'un deuxième système d'évacuation du trop-plein d'eau provoqué par les fortes pluies du côté de la rue Kléber-Rolle fait l'effet d'une bombe.
« C'est un vrai retour en arrière », déplore Michèle Moren en tendant un article paru en mai 1982 dans les pages de notre confrère régional.
Élue communiste sous le mandat d'Étienne Jennequin, aujourd'hui dans l'opposition au conseil municipal socialiste, elle s'était battue corps et âme, à l'époque, pour lancer l'assainissement de l'étang menacé d'eutrophisation (dégradation du milieu aquatique, ndlr). Car plusieurs déversoirs évacuaient déjà les eaux usées de la commune dans le marais. « Il a fallu trois mandats pour mettre en place un système de nettoyage efficace et pour aménager les berges », se Michèle Moren.
Lorsqu'elle apprend que le combat qu'elle a mené vingt ans plus tôt se trouve remis en question par la municipalité actuelle, la pilule a du mal à passer.
« En 2008, un premier déversoir de récupération des eaux de ruissellement de la rue Ginovall, du parking et de la nouvelle route qui rejoint la RN17 a été installé. Cela a déjà porté atteinte à la biodiversité », déclare Jean-Claude Van den Borren, président de l'Avuel (Association de valorisation et utilisation des énergies locales). En novembre 2009, un nouveau déversoir, destiné à délester le réseau du tout-à-l'égout de la commune lors de fortes pluies, commence à être construit « sans que le conseil municipal ait été concerté », précise-t-on. « On nous a mis devant le fait accompli. » Bataille pour la sauvegarde
de la biodiversité Pour les défenseurs du site, ce système pose un vrai problème de santé publique. « Ces deux déversoirs entraînent deux pollutions différentes convergeant vers un même endroit et qui, en se déposant au fond de l'eau, auront des conséquences directes sur la nappe phréatique », déclare Michel Autès, vice-président du conseil régional et chercheur au CNRS. Sollicité il y a plusieurs jours par les opposants à la construction du nouveau déversoir, il souligne l'urgence d'une réaction des pouvoirs publics : « On a déjà perdu 50 % des zones humides en France. La sauvegarde de cette richesse naturelle est un véritable enjeu. » Après avoir interpellé la communauté d'agglomération de Lens-Liévin, la direction régionale de l'Environnement, la police des eaux et la préfecture, les défenseurs du marais, « espace de loisirs et de convivialité », espèrent que le problème soit très vite pris à bras-le-corps.
« Il est nécessaire que des prélèvements et des analyses soient effectués afin de mesurer le degré de dangerosité de cette pollution. » Leur dernier recours ? Faire intervenir les parlementaires afin de pouvoir changer, « tant qu'il en est encore temps », l'avenir de cet étang.w
Véritable écrin de verdure au coeur de la ville, l'étang d'Annay-sous-Lens est depuis plusieurs mois au centre des préoccupations des promeneurs et pêcheurs, inquiets de l'avenir que lui réserve la construction du nouveau déversoir. Voilà une vingtaine d'années qu'Alain pêche, dès qu'il en a l'occasion, aux abords de l'étang d'Annay-sous-Lens. « C'était le rendez-vous des amoureux de la nature ici. Aujourd'hui, on est en train de tout saccager », déplore-t-il, tout comme un autre de ses camarades qui s'inquiète de l'avenir de cette réserve naturelle : « Depuis quelque temps, les canards ont disparu et les poules d'eau se font de plus en plus rares. Il y avait même des cygnes à une époque. Maintenant, ils sont remplacés par des nappes d'huile... » Il a donc, comme une partie des 550 adhérents de l'Ablette Annaysienne (l'association de pêche de la commune, ndlr), pris une décision qui lui fend le coeur : « J'ai pris ma carte de pêche à l'étang voisin d'Estevelles. » Pour Jean-Claude Van den Borren, la construction du nouveau déversoir signifie la mise à mort de ce site naturel très fréquenté. « C'est un lieu de pêche mais aussi de promenades. Beaucoup d'Annaysiens viennent passer leurs week-ends et leurs vacances le long de l'étang. C'est un poumon vert qu'on enlève à la population. » Et le président de l'Avuel (Association de valorisation et utilisation des énergies locales) de démontrer son argument par un raisonnement logique : « S'il n'y a plus de biodiversité, il n'y a plus de pêcheurs. S'il n'y a plus de pêcheurs, il n'y a plus d'association de pêche. Et s'il n'y a plus d'association de pêche, il n'y a plus de marais. » Et ce n'est pas le président de l'association de pêche, Daniel Matteï, qui dira le contraire. Ce dernier se sent d'autant plus impuissant que, depuis le 1 er janvier, la municipalité a repris la régie de l'étang. « On essaie peu à peu de dissoudre l'association », déclare-t-il, amer. « On détruit les richesses naturelles d'un site remarquable et le patrimoine des Annaysiens », conclut Jean-Claude Van den Borren.wC.D.


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jsr : Je suis d'accord avec vous.
Noob : En tous cas, comme il s'agit d'une prof de lettres,...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi ! mais là on ne parle...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi, mais là on ne parle...