Coup de grisou sur le régime de santé des mineurs
Publié le mardi 16 février 2010 à 06h00
Le décret du gouvernement remettant en cause la gratuité des soins dont bénéficient depuis près de 65 ans les anciens mineurs a provoqué une véritable levée de boucliers du côté des syndicats qui demandent l'abrogation immédiate de ce « texte scélérat ».
CÉLINE DEBETTE > celine.debette@nordeclair.fr
« Le gouvernement a eu une drôle de manière de nous souhaiter la bonne année », s'exclament d'une seule voix les syndicats des mineurs (CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC et CGT). La raison de leur colère ? Un décret qui, publié le 31 décembre et entré en application dès le 1er janvier « sans avoir fait l'objet d'une concertation », supprime l'article 2-2b assurant la gratuité des soins aux affiliés du régime minier. Une gratuité qui « n'est pas un avantage mais un droit absolu pour les mineurs (et leurs ayants droit) qui ont exercé un métier pénible et dangereux dans le but de redresser la France », martèle Roland Houp, administrateur de la Caisse autonome nationale de la sécurité sociale des mines et secrétaire FO.
Selon les syndicats, la remise en cause de ce droit, acquis le 27 novembre 1946 et modernisé en 1992, porte lourdement atteinte aux quelque 55 000 ressortissants du régime minier. Car ces derniers ne bénéficient désormais plus de la gratuité des transports jusqu'aux centres de soin, de la prise en charge de certaines dépenses liées aux cures et de certaines prestations pharmaceutiques. « Par conséquent, près de 60 % d'entre eux renoncent aux soins parce qu'ils n'ont pas les moyens de se déplacer. C'est d'autant plus intolérable que les indicateurs de santé sont les plus mauvais dans la région » , s'insurgent les syndicats, également inquiets des menaces qui pèsent sur l'emploi des 8 000 salariés de la Carmi (Caisse régionale minière du Nord - Pas-de-Calais). D'ailleurs, une délégation prévoit de se rendre mercredi à Paris lors de la commission de la Sécurité sociale dans les mines.
« La trahison de l'État »
Mais les quatre organisations syndicales CFDT, FO, CFTC et CGE-CGC se sentent surtout trahies par l'État. En 2005 puis en 2008, elles ont signé des conventions de gestion et d'organisation (COG) avec les ministres de la Santé, du Travail, des Affaires sociales et du Budget dans le cadre d'une réorganisation du régime minier. « Nous avons restructuré nos offres et aujourd'hui, nous avons la sensation qu'on s'est servi de nous. » La CGT, la seule à ne pas s'être engagée dans la voie de la réforme, regrette que les signataires des COG à l'échelon régional face front de leur côté. Pourtant, « les ponts ne sont pas rompus », assure Alain Cuvillier, président des Etam des mines CFE-CGC. Quoi qu'il en soit, l'ensemble des syndicats réclame d'urgence l'abrogation de ce texte du gouvernement et en appelle au soutien des élus. « Nous nous battrons bec et ongles. C'est une question de survie. »w


![[AUDIO] Immigration : France Terre d'Asile dénonce «l'inefficacité de l'inflation législative»](/mediastore/img/contenu/no_interview.jpg)



DJP : Ca sent ''l'aigritude''
Abde : Elle va diviser aux legislatives entre le front Aubry...
sam agace : Pauvre Slimane, Martine Aubry n'est pas ministre. C'est...
sirius59 : C'est comme pour "le reste", plus c'est gros plus ça passe...