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Et vous, qu'avez-vous fait de vos RTT ?

Les RTT font toujours débat. Mais pour ceux qui y ont droit, elles restent une vraie bouffée d'air. Photomontage HVM. Les RTT font toujours débat. Mais pour ceux qui y ont droit, elles restent une vraie bouffée d'air. Photomontage HVM.

Régler la paperasse, partir en week-end, s'occuper des enfants... Depuis dix ans qu'elles existent, les RTT n'ont pas manqué de modifier nos modes de vie.




Témoignages dans la région.
SÉBASTIEN LEROY


> sebastien.leroy@nordeclair.fr
Elle est là. Pour le meilleur ou pour le pire diront certains. Mais elle est bien là, la réduction du temps de travail, bien installée dans les mentalités. Au point, parfois, de la considérer comme un dû. C'est le cas d'Élisabeth, 29 ans, fonctionnaire territoriale au conseil régional. « Je conçois mes RTT comme un acquis. On ne compte pas nos heures, alors si on n'avait pas ça... ».
Avec 22 journées de RTT réparties sur toute l'année, la jeune femme s'estime plutôt bien servie par la réforme, même si souvent, entre les dossiers, les passages en commissions, les réunions tardives, les semaines dépassent largement les 39 heures. Du coup, pour Élisabeth, ces RTT sont avant tout « un plaisir ». « J'ai un contingent à prendre chaque week-end, explique la jeune femme. Du coup, j'ai tendance à les regrouper pour pouvoir faire une coupure et partir en vacances. La dernière fois, c'était au début de l'année : une semaine au Canada rien qu'avec les RTT et les jours fériés. »
« Le droit d'aller chercher
les gamins »

Delphine, elle, est cadre aux 3 Suisses. Ce qu'elle apprécie dans ses 9 RTT par an, c'est la possibilité de pouvoir concilier vie professionnelle et vie familiale. Avec deux enfants de 10 et 7 ans, elle estime que la réduction du temps de travail « a donné beaucoup de confort dans la gestion du temps pour les mères de famille ». « Quand un de mes enfants est malade ou quand il faut accompagner une sortie scolaire, je pose une RTT. À cet âge-là, les enfants ont besoin de présence », raconte Delphine.
Un plus pour la vie de famille, c'est aussi le cas pour Tahsim, salarié d'un sous-traitant du fabricant de levure Lesaffre, à Marcq-en-Baroeul. « Moi, j'ai gagné une heure en fin d'après-midi, le droit d'aller chercher mes gamins à l'école », explique-t-il, d'autant que, pour lui, le passage de 39 à 35 heures hebdomadaires s'est fait sans casse salariale. « Mais quand même, d'une certaine manière, je regrette les 39 heures.
Parce que j'ai de la famille en Belgique et aux Pays-Bas. Et quand je leur dis que je bosse 7 heures par jour et que je parle de mon salaire, ils me disent "ah ben, c'est du joli, la France !"... ».
Sabrina, travaille elle aussi aux 3 Suisses, comme employée. Et pour elle, les RTT sont tout sauf un plaisir. « J'en ai 9 par an et je m'en sers surtout pour faire ce que je n'ai pas le temps de faire habituellement : aller chez le médecin, à la banque. Il m'arrive même de prendre des demi-RTT. Pour moi, les RTT, c'est fonctionnel. Le plaisir, ce sont plus les congés annuels ».

« Difficile pour les petits salaires »
Globalement bénéfique, la réduction du temps de travail ? Oui et non. À l'entrée du centre commercial d'Englos, Caroline et sa mère font le point sur 10 ans de RTT. Et cette dernière met le doigt sur la critique principale adressée aux 35 heures : « pour les petits salaires, ça a été difficile ». Autrement dit, à quoi sert d'avoir du temps si l'argent ne suit pas. Et puis Caroline, elle, estime que si réduction du temps de travail il y a eu, celle-ci n'est pas pour autant un temps complètement choisi : « On s'adapte beaucoup à l'activité de l'entreprise » indique cette commerciale basée à Lille. « On n'a pas vraiment le choix, c'est le vendredi ou le lundi. Du coup, moi, j'ai tendance à les cumuler et à m'en servir comme congés ». Même son de cloche aux 3 Suisses où Delphine explique qu'elle « s'adapte aux besoins de l'entreprise, dans les périodes un peu creuses ». D'ailleurs, elle et son mari, qui travaille dans le secteur bancaire et bénéficie de 22 RTT par an, échafaudent des stratégies. « Souvent, quand on doit en prendre une, pour telle ou telle raison, on se consulte. Et là on se dit : "moi c'est pas possible, c'est le rush en ce moment. Tu peux la prendre, toi ?" ».
Acquis social collectif, la réduction du temps de travail doit aussi s'accommoder des situations individuelles sur lesquelles pèse toujours le tempo des entreprises. w


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