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POLÉMIQUE.

Faut-il plafonner les salaires des hauts dirigeants ?

Au printemps dernier, François Fillon avait demandé au Medef un dispositif d'encadrement des rémunérations des chefs d'entreprise en temps de crise. En vain. Photo DDP Au printemps dernier, François Fillon avait demandé au Medef un dispositif d'encadrement des rémunérations des chefs d'entreprise en temps de crise. En vain. Photo DDP

La polémique a resurgi autour du salaire d'Henri Proglio, mais elle n'est pas nouvelle. Est-il indécent que les patrons de grandes entreprises gagnent quelques millions par an ?VIOLAINE MAGNE > violaine.



magne@nordeclair.fr
Pris dans la tempête, Henri Proglio n'a pas eu le choix. Le PDG d'EDF a dû renoncer à sa rémunération annuelle de 450 000 E au titre de président du conseil d'administration de Veolia Environnement. Mais il n'a pas pour autant fait taire les critiques soulignant qu'il touchait encore à EDF un salaire annuel de 1,6 million d'euros, soit 100 fois un SMIC brut annuel. Une rémunération jugée trop élevée par une partie des médias et de l'opinion publique.
Des observateurs ont beau faire remarquer qu'Henri Proglio n'est pas le mieux payé des patrons français et qu'au niveau international, certains salaires atteignent des sommets autrement mirobolants, qu'importe. En ces temps de crise, alors que les Français peinent à joindre les deux bouts, les rémunérations des hauts dirigeants semblent injustes, voire indécentes !


Au printemps dernier, le gouvernement avait déjà demandé au Medef un dispositif d'encadrement des salaires en temps de crise. Sans résultat. Cet automne, le Parti socialiste a déposé une proposition de loi « visant à rendre plus justes et plus transparentes les politiques de rémunérations des dirigeants d'entreprises ». Elle prévoyait qu'un dirigeant d'une entreprise aidée par l'État ne puisse pas recevoir une rémunération supérieure à vingt-cinq fois la plus basse rémunération dans l'entreprise.
Force est de constater que si les rémunérations des patrons suscitent la polémique, il n'en est pas de même pour les cachets souvent exorbitants des sportifs ou des stars de la chanson et du cinéma.w

POUR : Anne Saigier, d'Emmaüs

Oui, il faut plafonner les salaires. On doit tirer de notre investissement dans la société le nécessaire pour vivre. Il faut se poser la question : le salaire, ça sert à quoi ? La loi doit fixer un salaire minimum et un salaire maximum, mais aussi la manière dont les bénéfices doivent être redistribués dans une entreprise. La richesse doit être partagée de manière équitable entre tous les salariés. Parce qu'une entreprise de transport, elle n'est rien sans ses chauffeurs et si tout le monde fait correctement son boulot, l'entreprise va bien. C'est juste une question de logique. Pourquoi aurait-on une prime en fonction de son QI ? Un patron a eu la chance d'avoir des bons gènes ou de naître dans un bon environnement pour faire le métier qu'il fait. Bien sûr, un chef d'entreprise a des responsabilités, mais moi aussi, directrice d'Emmaüs, j'ai des responsabilités. Un chauffeur aussi a des responsabilités. Mais c'est pareil pour les sportifs ou les stars. Ils ne mangent pas dix ou vingt fois plus que nous. Il faut qu'ils aient de quoi réaliser leurs rêves, comme les autres, mais pas plus.w

CONTRE : Valérie Petit, de l'Edhac

Il y a plusieurs justifications qui font qu'on paie cher un patron. La relation entre le dirigeant et les actionnaires qui estiment qu'il travaille pour eux. Le fait que, pour en arriver là, il a fait des efforts, des sacrifices. On dit aussi qu'on rémunère le risque juridique, la précarisation parce que le marché du travail n'est pas facile. Et puis on paie le prix du marché qui est en tendance haussière car on s'aligne sur le marché américain.Enfin, il y a la performance effective du dirigeant. C'est ça la vraie question : quels sont les critères d'évaluation de la performance d'un dirigeant ?Une question à laquelle personne ne répond. Pour cela, on a besoin d'experts, de chercheurs. On a démontré qu'il n'y a pas de corrélation entre la performance d'un manager et sa rémunération. Seulement 4 à 5 % de la performance d'une entreprise dépendent du dirigeant lui-même. C'est aussi la question de ce qui est moralement acceptable de la part d'un dirigeant. Le problème avec Proglio, c'est moins l'argent que le cumul. w


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cebolafrance a écrit le Feb 22 2010, 02:12 PM
Plafonnement Salaire
OK mais on n'oublie surtout pas ceux d'Emmaus (je ne parle surtout pas ceux des Compagnons)

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0deladeule a écrit le Jan 26 2010, 10:11 AM
Suite...
Et que les 450 000 euros viennent des profits de cette entreprise et pas de nos impôts. Des elus socialistes à Lille et Lyon ont fait voter le financement public de deux stades gigantesques. Que pensent ils ? On aimerait le savoir... Pour l'instant, ils gardent le silence. Et quelle incoherence ! On ne peut pas condamner les deficits publics et la semane suivante aller mendier des subventions à l'Elysée... Car les subventions exigent des emprunts. Mais, à l'ENA, on ne doit pas l'apprendre.

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0deladeule a écrit le Jan 26 2010, 10:10 AM
Lunettes à double foyer..
Le PS se dechaîne contre Proglio mais que dit il du financement public des stades - dont le Grand Stade de Lille - qui decharge de tout effort financier les actionnaires du Losc ? Un actionnaire apporte le capital d'une entreprise, il prend donc des risques et il est remunéré pour cela via un dividende. Quand des conseillers de LMCU ignorants financent la construction d'un stade de 50 000 places via une formule très coûteuse de contrat de partenariat public privé, ce sont nos impôts ( et donc notre travail ) qu'ils utilisent pour la plus grande satisfaction du foot business. Idem pour le RC Lens puisque le president du conseil regional veut aussi financer la remise à niveau (?) de Bollaert. Même la droite s'y met avec Nungesser 2 à Valenciennes. M Proglio devrait être decent mais on doit reconnaître qu'il a construit une des plus belles entreprises de France, très recherchée des nouveaux diplômés. Et que les 450 000 euros viennent des profits de cette entreprise et pas de nos im

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