La procédure incomplète, Jamal libéré
Publié le vendredi 08 janvier 2010 à 06h00
Tous le pensaient en vol vers la Grèce. Mais Jamal s'est volontairement blessé, hier, au centre de rétention, provoquant son passage devant le juge de la liberté et de la détention.
Qui l'a libéré. Mais pour lui et Karim, « le combat continue ».
Hier, 5 h 38. Au téléphone, Dominique Wattelet affolée. Son protégé afghan Jamal, 25 ans, va sortir du centre de rétention de Lesquin direction Roissy et la Grèce, sans passer devant le juge de la liberté et de la détention. « On ne sait plus quoi faire », désespère-t-elle.
9 h 30, palais de justice de Lille. Le rassemblement prévu la veille est maintenu, une quinzaine de personnes soutiennent Karim, quant à lui libéré mercredi. Deux heures après, tous apprennent qu'en fait, Jamal, par désespoir, s'est cogné front et bras sur une table du centre de rétention au moment de sortir. Il n'est pas dans l'avion vers la Grèce, mais au CHR de Lille. Il expliquera plus tard qu'une fois les menottes au poignet, il a eu « peur de perdre sa famille française ». Le fatidique délai de 48 heures entre l'interpellation et l'expulsion effective va être alors franchi. Selon la procédure 35 bis, la préfecture est obligée de demander la prolongation de la rétention au juge de la liberté et de la détention.
Des avocats
qui « pèsent leurs mots »
15 h. Branle-bas de combat au tribunal. Me Maria-Rosa Garcia et Me Olivier Cardon s'emploient à démontrer l'irrégularité de la procédure devant Marie-Christine Pattyn, juge, alors que Jamal s'effondre en pleurs : les policiers expliquent dans leurs procès-verbaux que le jeune homme a été interpellé rue Jean-Sans-Peur. Les témoins et le jeune Afghan assurent que l'interpellation a eu lieu dans les bureaux de la préfecture. « C'est un faux », souligne Me Cardon, qui « pèse ses mots ». M e Garcia, elle, clame que « la convocation n'indique pas clairement que la Grèce accepte de reprendre Jamal. C'est un piège ». Coup de théâtre : le représentant de la préfecture admet que l'interpellation a eu lieu dans le bâtiment.
De plus, les avocats découvrent qu'il manque une page dans le dossier de la préfecture, celle où le responsable de la procédure est cité et signe. Trois heures plus tard, la juge annule la procédure de réadmission vers la Grèce sur ce point, le procureur renonce à interjeter appel, Jamal est libre. Enfin presque : pour la Cimade, « c'est une première étape, mais le combat continue ».w
DIDIER SPECQ ET JUSTINE FAIDHERBE


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jsr : Je suis d'accord avec vous.
Noob : En tous cas, comme il s'agit d'une prof de lettres,...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi ! mais là on ne parle...
jeanjean59 : je suis d'accord avec toi, mais là on ne parle...