Vous êtes ici : Accueil > Actualités de la région

MIGRANTS

La procédure incomplète, Jamal libéré

Jamal et Karim, dans la famille Wattelet qui les a acceuillis. Photo DR. Jamal et Karim, dans la famille Wattelet qui les a acceuillis. Photo DR.

Tous le pensaient en vol vers la Grèce. Mais Jamal s'est volontairement blessé, hier, au centre de rétention, provoquant son passage devant le juge de la liberté et de la détention.



Qui l'a libéré. Mais pour lui et Karim, « le combat continue ».
Hier, 5 h 38. Au téléphone, Dominique Wattelet affolée. Son protégé afghan Jamal, 25 ans, va sortir du centre de rétention de Lesquin direction Roissy et la Grèce, sans passer devant le juge de la liberté et de la détention. « On ne sait plus quoi faire », désespère-t-elle.
9 h 30, palais de justice de Lille. Le rassemblement prévu la veille est maintenu, une quinzaine de personnes soutiennent Karim, quant à lui libéré mercredi. Deux heures après, tous apprennent qu'en fait, Jamal, par désespoir, s'est cogné front et bras sur une table du centre de rétention au moment de sortir. Il n'est pas dans l'avion vers la Grèce, mais au CHR de Lille. Il expliquera plus tard qu'une fois les menottes au poignet, il a eu « peur de perdre sa famille française ». Le fatidique délai de 48 heures entre l'interpellation et l'expulsion effective va être alors franchi. Selon la procédure 35 bis, la préfecture est obligée de demander la prolongation de la rétention au juge de la liberté et de la détention.


Des avocats
qui « pèsent leurs mots »

15 h. Branle-bas de combat au tribunal. Me Maria-Rosa Garcia et Me Olivier Cardon s'emploient à démontrer l'irrégularité de la procédure devant Marie-Christine Pattyn, juge, alors que Jamal s'effondre en pleurs : les policiers expliquent dans leurs procès-verbaux que le jeune homme a été interpellé rue Jean-Sans-Peur. Les témoins et le jeune Afghan assurent que l'interpellation a eu lieu dans les bureaux de la préfecture. « C'est un faux », souligne Me Cardon, qui « pèse ses mots ». M e Garcia, elle, clame que « la convocation n'indique pas clairement que la Grèce accepte de reprendre Jamal. C'est un piège ». Coup de théâtre : le représentant de la préfecture admet que l'interpellation a eu lieu dans le bâtiment.
De plus, les avocats découvrent qu'il manque une page dans le dossier de la préfecture, celle où le responsable de la procédure est cité et signe. Trois heures plus tard, la juge annule la procédure de réadmission vers la Grèce sur ce point, le procureur renonce à interjeter appel, Jamal est libre. Enfin presque : pour la Cimade, « c'est une première étape, mais le combat continue ».w
DIDIER SPECQ ET JUSTINE FAIDHERBE


À lire aussi

Réagir à l'article

Tous les champs sont obligatoires.

Pas encore inscrit ?

Infos locales

Dessin du jour

Hollande enfariné "Hollande enfariné"

Cinéma

JC comme Jonathan Zaccai JC comme Jonathan Zaccai

L'acteur jusque-là abonné aux seconds rôles débarque sur les écrans avec « JC comme Jésus Christ ». Un film OVNI, docu-fiction autour d'un réalisateur de 18 ans, qui a tout gagné, mais tente de passer son bac. Une histoire entre absurde et satire de la grande famille du cinéma.

les lecteurs
  • Note actuelle 2.33/4

Les autres sorties

Un thriller d'espionnage à l'ancienne

Toujours à l'affiche

Restos

 Les meilleures recettes de nos chefs Les meilleures recettes de nos chefs

Les jeunes chefs de l'Athénée (B.) nous ont livré quelques-uns de leurs secrets : voici pour vous les recettes des meilleurs plats de fête qui ont bousculé nos papilles. A vos fourneaux!

Les autres restos...