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[VIDEO] Pimkie : fin de grève dans la division

Elles ont voté contre et auraient souhaité continuer le mouvement pour obtenir plus d'indemnités. 138postes sont menacés à Wasquehal et Neuville. Elles ont voté contre et auraient souhaité continuer le mouvement pour obtenir plus d'indemnités. 138postes sont menacés à Wasquehal et Neuville.

Loin de l'euphorie des soldes dans les magasins Pimkie, la majorité des salariés de cette entreprise ont voté, hier,pour la reprise du travail après quinze jours de grève.



Une décision contestée par certains. Après l'union, la division.
AURÉLIE JOBARD > aurelie.jobard@nordeclair.fr
Un premier claquement de porte. Une salariée s'agace « du chantage fait par les syndicats pour reprendre le travail ».


Une deuxième sort de la salle de la mairie de Wasquehal. Elle aussi s'emporte : « Ce sont des hypocrites. Ils ont signé l'accord sans nous en parler. » À l'intérieur aussi, la tension monte à quelques minutes du dépouillement du vote. Les applaudissements ont laissé place au silence de la centaine de salariés fatigués par les quinze jours de grève.
La presse qui, jusque-là, ne pouvait pas entrer dans la salle est invitée à prendre la température. Valérie Pringuez (CGT) annonce les résultats : 76 salariés ont voté pour lever le piquet de grève, 35 contre et 8 se sont abstenus. Des femmes se lèvent, en colère : « La direction a gagné ! » Roselyne verse quelques larmes. Ses collègues, elles aussi, ne peuvent se retenir : « Quinze jours qu'on se bat ! Je suis incapable de recommencer, je n'ai pas la force. On n'a pas eu ce qu'on voulait. » Nabil Denfer (CFDT) tente de fédérer tout le monde mais quelque chose vient de se casser entre les « pour » et les « contre » : « Allez, il faut applaudir tous les syndicats et les salariés qui se sont battus. » Mais rien n'y fait. Dans le fond de la salle, le délégué syndical se fait huer par des collègues : « C'est dommage d'en arriver là. On était tous unis dans ce mouvement. »
« Chacun est libre »
Petit à petit, les salariés quittent la salle, nerveusement épuisés. Ne restent que celles qui ne comprennent toujours pas ce choix.
« Tous les salariés n'ont pas pu voter. Tout le monde n'était pas au courant de l'heure. Et puis les syndicats ont influencé le vote : on nous demandait de voter pour la reprise sinon on risquait de tout perdre », assure une gréviste écoeurée. La déléguée FO, Maley Upravan, s'explique : « Chacun est libre de sa décision. Seulement, nous savions que si on votait contre la reprise, la direction retirerait ses propositions. » Tout à coup, on se met à rêver à un nouveau vote. Ces femmes n'en démordent pas. Elles veulent plus que les 20 000 E nets de prime extra-légale, les 1 000 E nets par année d'ancienneté et une renégociation du paiement des jours de grève (lire notre édition d'hier). La déception gagne chacune de ces femmes. « Ils nous paient seulement quatre jours de grève. Pour le reste, ils prennent sur nos congés payés et nos primes d'intéressement », raconte un groupe de femmes.
Un peu plus tôt, Maria et ses amies tenaient, elles, un tout autre discours : « Jamais je ne pensais obtenir tout ça. Je savais, de toute façon, que nous n'aurions pas les 2 400 E par année d'ancienneté que nous demandions. » Éric Vandendriessche, le directeur général, a lui aussi fait part de sa satisfaction après cet accord qui fait suite à la réunion de mardi. « Il nous permet de conduire cette réorganisation dans l'esprit qui nous a toujours animés : accompagner au mieux les salariés dont les emplois sont touchés par ce plan, trouver des solutions les plus adaptées en travaillant en transparence et en concertation avec les représentants du personnel », a-t-il indiqué.
Rappelons qu'il aura tout de même fallu plus de quinze jours de combat pour qu'enfin « tous » tombent sur un accord.w

M.-F. Delannoy et P. de Saintignon : « Il ne faut aucun salarié au tapis »

Hier, en fin d'après-midi, le maire de Tourcoing, vice-président de LMCU, et le vice-président du conseil régional rencontraient le président et le directeur général de Pimkie Internationale. Avec un objectif principal : zéro chômeurs.Dans un contexte d'avant-campagne d'élections régionales, les deux élus socialistes en charge de l'économie à la Région et à Lille Métropole Communauté urbaine s'engagent à ce que le plan social à Pimkie ne débouche sur aucun chômeur. Pour y parvenir, hier en fin d'après midi, Michel-François Delannoy et Pierre de Saintignon, après avoir rencontré les organisations syndicales, devaient présenter leurs mesures au président de Pimkie Internationale, Richard Maurice.Formation et reclassement « Nous avons acté les forces et les faiblesses de l'accord signé la nuit dernière, souligne Pierre de Saintignon.Et pour ne laisser aucun salarié sur le tapis, nous mettrons en place des outils précis avec la communauté urbaine de Lille et la Région. » Les deux élus comptent ainsi étudier le nombre de licenciements annoncés par la direction de Pimkie (lire ci-dessus). « Nous voulons un plan social le plus petit possible. Les chiffres annoncés sont exorbitants. » Pierre de Saintignon insiste alors sur les cellules de reconversion qui « devront être de haute qualité, avec des moyens financiers, plus un accompagnement des salariés très personnalisé ».Le vice-président de LMCU, comme celui de la Région persévèrent en demandant à la direction d'augmenter la durée du congé de reconversion. « J'ai lu qu'il durerait de six à huit mois : c'est insuffisant », fait remarquer ce dernier. Sa proposition : douze mois avec 80 % du salaire brut.Autre point évoqué : la mise en place « d'une plateforme de mobilité professionnelle ». Avec l'objectif d'assurer le plus grand nombre de reclassements possible au sein des entreprises du « groupe » Mulliez. Cela passera par des formations, tout en garantissant aux salariés leurs acquis. « Si le groupe accepte, ce dispositif sera financé par le conseil régional. » Pierre de Saintignon et Michel-François Delannoy sont partis, hier, convaincus qu'ils trouveront un langage commun avec le groupe et les salariés. Tout en signifiant qu'ils « croient au groupe Mulliez ». Reste à savoir si les salariés, eux, y croient encore. Les prochaines réunions de négociations entre syndicats et direction reprendront dès le 12 janvier. On saura dès lors si les promesses des élus socialistes seront tenues.wHUGUES BALLOIS


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