« Notre problème n°1, c'est les familles roms »
Publié le jeudi 17 décembre 2009 à 06h00
Grand froid oblige, la préfecture a déclenché hier le niveau de mobilisation exceptionnelle. Comprenez, des lieux d'accueils d'hébergement d'urgence ont été ouverts pour les sans-abris. À Lille, cela représente 50 lits supplémentaires, dont une vingtaine, rue Jeanne d'Arc.
JULIA MÉREAU > julia.mereau@nordeclair.fr
Philippe a la peau tirée par le froid et des cernes jusqu'aux genoux. « Je suis crevé », lâche-t-il, les mains collées sur le radiateur. « Je tourne en rond depuis 8 heures du mat' ». Hier soir, il a poussé la porte du 24 rue Jeanne d'Arc.
« J'étais jamais venu ici, c'est la première fois ».
Le local est spartiate mais au moins il lui permettra de passer la nuit au chaud. « Là, dehors, sinon, t'es foutu ». Sur le lit d'en face, Frédéric confirme. « C'était pas possible de rester dehors cette nuit ».
Hier, ces deux hommes-là ont appelé le 115. Ils ont eu du bol : on les a aiguillés rue Jeanne d'Arc, et comme ils sont arrivés tôt, ils ont eu de la place.
D'autres n'ont pas eu cette chance.
« Hier soir (ndlr, avant hier soir), confirme Marie-Christine Staniec-Wavrant, l'adjointe à la lutte contre les exclusions.
On sait que sur les personnes qui ont appelé, il y a 140 enfants et 70 adultes qui sont restés dehors ». En majorité des familles roms.
« C'est notre problème numéro 1 », glisse l'élue. La faute à qui ? « L'hébergement d'urgence, rappelle Marie-Christine Staniec-Wavrant, ce n'est pas du ressort de la Ville. Nous, on fournit les locaux, l'État finance ».
La préfecture donne les ordres
Et en gros, ce n'est pas permis de faire autrement. C'est la préfecture qui donne les ordres. Entre deux mots, l'élue avoue que l'État voulait réquisitionner un bâtiment de 200 places. Mais pas question, aurait répondu la Ville. « Nous, on veut des petits modules. On avait proposé des nuitées d'hôtels, mais l'État n'a pas voulu ». Trop cher, sans doute. Et pendant ce temps-là, des enfants dorment dans la rue. Dur.
Encore qu'à Lille, souligne l'élue, « c'est la ville qui propose le plus de places ». À l'année, 1072 places, « selon le dernier recensement ». Et quand les plans grands froids sont déclenchés, c'est encore à Lille qu'on vient les chercher. La préfecture indiquait hier qu'une cinquantaine de places supplémentaires ouvertes dans l'urgence hier soir, sont situées à Lille.
Au total, compte l'élue, cela représente environ 75 places en plus de l'hébergement dit classique. « En fait, si chaque commune de la métropole rentrait dans le jeu, on n'aurait plus personne dehors, commente Marie-Christine Staniec-Wavrant. La règle, c'est une place pour 1000 habitants ». Pas question de créer la polémique. Elle constate, c'est tout. Comme elle constate que Lambersart fait partie des villes qui ont fait un effort depuis que Martine Aubry, présidente de Lille Métropole Communauté Urbaine a nommé un vice-président en charge de l'hébergement d'urgence.
N'empêche que la nuit dernière, si Philippe et Frédéric ont dormi au chaud, c'est qu'ils ont eu de la chance. Une chance relative car dans les hébergements d'urgence, encore faut-il savoir s'y prendre : « il faut dormir tout habillé, chaussures y compris, la tête sur ton sac. Sinon, tu te fais tout piquer ». w


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emilie06 : Veuillez s’il vous plait rectifier certaines confusions...
contribuable : ça arrangerait il le LOSC qui n'aurait pas le "stade...