Cabu, les confidences d'un caricaturiste
Publié le lundi 07 décembre 2009 à 06h00
Invité de l'Université populaire de Lille, le dessinateur de presse Cabu (« Le Canard enchaîné », « Charlie Hebdo ») était hier matin au Nouveau Siècle. Une conférence un peu décousue mais non dénuée d'intérêt. Extraits.
Marcel Dassault. Antimilitariste, Cabu a pourtant oeuvré dans Jours de France, un magazine de l'actualité heureuse créé par Marcel Dassault - « j'avais été pistonné », dit le dessinateur. Il n'y a tenu que huit semaines : il a été viré car ses dessins étaient jugés « trop tristes et trop noirs » par l'avionneur...
Pierre Mauroy. « Il a une grande collection de dessins originaux le représentant alors qu'il était Premier ministre », confie Cabu.
Nicolas Sarkozy. « Je l'ai rencontré à la buvette de l'Assemblée, alors qu'il était ministre de l'Intérieur. Il m'a foncé dessus, alors qu'on ne s'était jamais vu avant et il m'a demandé "Pourquoi vous me faites des cornes ?". » Le caricaturiste, qui était accompagné d'autres dessinateurs, l'aurait alors invité à respirer et à boire un café...
Ségolène. « Elle est un peu zinzin, mais elle est belle. Si je la dessine moche, on ne la reconnaîtra pas ! » Siné. Cabu élude d'abord la question. « Dans une économie libérale, c'est normal qu'il y ait de la concurrence, non ? » Mais un homme dans le public revient à la charge. « Non, je ne vais pas rejoindre Siné Hebdo, ce serait plutôt à Siné de revenir à Charlie Hebdo », répond le dessinateur, oubliant que Siné a été tout bonnement mis dehors de l'hebdomadaire satirique par Philippe Val.
Méchant ? « Je ne crois pas », dit-il d'abord. Puis Cabu l'admet : « Un dessin, s'il n'est pas incisif, ça ne sert à rien. » La presse. Inquiet de la crise de la presse quotidienne, Cabu l'explique par la concurrence d'Internet et des gratuits. « Et dans les gratuits, il n'y a pas de dessin, parce qu'il faut être consensuel. »w
YOUENN MARTIN





