Les magasins préparent déjà Noël pour 2010 !
Publié le jeudi 03 décembre 2009 à 06h00
C'est parti pour trois semaines de frénésie commerciale : mais pas de panique dans les hypermarchés ou chez les spécialistes du jouet car ce Noël 2009, ils l'ont préparé avec six à douze mois d'avance.
CHRISTELLE JEUDY > christelle.jeudy@nordeclair.fr
Le calme avant la folie... C'est un jour de semaine à Carrefour Euralille. Rayons jouets bien garnis, allées encore calmes, pas de quoi se dire que dans trois semaines, c'est Noël. Pourtant, la grande surface se prépare, comme toutes les autres de la région, à trois dimanches d'ouverture d'affilée. Et à une fréquentation forcément XXL, même si la crise économique passe par là et va forcément impacter la consommation (lire par ailleurs).
Mais pour l'instant, le directeur de Carrefour Euralille, Robert Italiano, reste optimiste en attendant la déferlante consommatrice. Pas de panique, et c'est plutôt logique quand on sait que l'hyper prépare la période de Noël « avec au moins un semestre d'avance. Et les jouets ont été installés dans les rayons la semaine du 15 octobre. » D'ailleurs, ici comme ailleurs, « nous sommes en train de finaliser les engagements... sur les chocolats de Pâques. On prépare tout ça très en amont », sourit le directeur.
Des jouets de catcheurs...
Mais attention, la période est d'autant plus cruciale que 50 % du chiffre d'affaires des jouets sera réalisé entre le 16 octobre et le 24 décembre.
« L'enjeu des ventes de fin d'année est énorme », relève Robert Italiano. Alors pas question de se tromper au moment de choisir les jouets et autres cadeaux de Noël à disposer dans les rayons. « On tient compte des tendances des années précédentes, des salons où on rencontre les fournisseurs, mais on répond aussi à la demande », note le directeur de l'hyper. Exemple : le catch fait fureur dans les cours de récré alors forcément, les jouets suivent, avec des figurines de catcheurs mais aussi, « cartes, posters et montres. »
Et le retour du bois traditionnel
Une tendance que confirme un pur spécialiste du jouet, Vincent Dolet : mais le propriétaire de trois magasins JouéClub à Douai, Valenciennes et Hautmont, où on trouve même des rings de catch, penche pour une « mode éphémère qui va s'arrêter en juillet. Dans les pays étrangers, ça a duré 1 an/1 an et demi, pas plus. » Et dans ses magasins, même concentré sur les fêtes de fin d'année, « c'est déjà Noël 2010 qu'on prépare. » Vincent Dolet revient d'ailleurs du salon de Deauville, attend celui de Paris en janvier et l'immense rendez-vous de Nuremberg pour février. C'est là, au contact des fournisseurs qui présentent leurs prototypes, que ce spécialiste du jouet retient, ou pas, les nouveautés. Et certaines durent depuis déjà deux ans, comme ces petits hélicoptères que s'arrachent les clients, « des adultes y compris, ça fait un carton même au bureau ! » Et qu'on se le dire, le Noël 2009 sera « high tech » ou ne sera pas, « avec même des appareils photos numériques pour des enfants de 4 ans. » Autres articles très en vogue, « les produits très classiques, en bois, comme le petit train. Les médias ont tellement dit de mal sur les articles fabriqués en Chine que pour les gens, le bois est devenu rassurant. » Si on ajoute à ce réflexe de sécurité la nostalgie de l'enfance ou l'envie d'offrir « les mêmes jouets avec lesquels on a joué étant petit », et voilà la tradition qui fait son grand retour dans les rayons. Des rayons où des fournisseurs entretiennent eux-mêmes la pénurie sur certains articles, comme cette poupée à soigner qu'on ne trouve plus du tout en France depuis des semaines. Et ça, juste histoire de susciter une attente et donc, de vendre encore mieux le produit l'année d'après.w
Selon un sondage Ipsos réalisé auprès d'un échantillon de 1 010 personnes (âgées de 15 ans et plus), la crise économique va bien modifier le Noël des Français. Et ils sont 48 % à vouloir effectuer leurs achats dans les grandes surfaces. Questionnées sur l'impact qu'aura la crise économique sur leurs dépenses de fin d'année, 43 % des personnes interrogées disent qu'elles dépenseront « certainement moins, faute de moyens », contre 53 % qui pensent dépenser autant que l'an dernier. Enfin, 3 % disent qu'elles dépenseront « certainement plus car il faut se faire plaisir pour oublier cette année difficile. » Chez les ménages les plus modestes (revenu mensuel inférieur à 1 200 euros), ils sont 67 % à dépenser moins, contre 23 % seulement chez les personnes les plus aisées (plus de 3 000 euros par mois). Ceux qui dépenser ont moins réduiront en priorité leur budget cadeaux (45 %), devant la décoration (37 %), les loisirs et sorties (36 %), l'habillement (36 % également) ou les vacances (35 %). Le budget repas ne devrait être réduit que par 26 % des personnes sondées, signe, selon Ipsos et France Bleu (pour qui le sondage a été réalisé), que « la bonne chère » constitue pour les Français « l'élément le plus symbolique des fêtes de fin d'année. » Et que souhaitent-elles trouver au pied du sapin ? Les personnes interrogées privilégient à 52 % « uniquement des cadeaux », mais 48 % en tout espèrent y trouver au moins un peu d'argent. 16 % souhaitent même « uniquement de l'argent », une proportion qui monte à 28 % chez les plus modestes. Le foie gras et le saumon devraient être présents respectivement sur 82 % et 81 % des tables de fin d'année, selon ce sondage qui révèle qu'en revanche , la dinde fait moins recette, puisque seules 45 % des personnes interrogées pensent en consommer à cette occasion. Enfin, 48 % des personnes interrogées pensent effectuer leurs achats de nourriture pour ces fêtes dans les grandes surfaces, contre 41 % qui pensent acheter dans les commerces de proximité, sur le marché ou auprès des producteurs. w
Pour Marc Lolivier, délégué général de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (FEVAD), ces fêtes de fin d'année s'annoncent prometteuses : le nombre de sites augmente, celui des acheteurs aussi. C'est bon pour le moral. À quoi peut-on s'attendre cette année pour les achats de Noël sur Internet ? >> On s'attend plutôt à un bon Noël avec un certain nombre d'indicateurs au vert. On a ainsi enregistré une progression des ventes de + 30 % au 3e trimestre. Cela s'explique par l'accélération du nombre de sites, l'offre augmente donc, et avec elle, le nombre d'acheteurs également. Autre indicateur positif, la remontée du montant moyen de la commande, qui est passé de 89 à 92 E alors qu'il chutait depuis trois trimestres. La FEVAD estime qu'on peut s'attendre à ce que plus de 5 milliards d'euros soient dépensés sur le Net pour ces fêtes de fin d'année. Comment expliquez-vous cela ? >> Simplement par le fait que les consommateurs ont pris le pouvoir et qu'ils sont devenus « consonautes ». Nous avons aujourd'hui 23 millions de Français qui achètent sur Internet et 70 % des internautes, contre 68 % l'an dernier, disent avoir l'intention cette année d'effectuer leurs achats de Noël sur le Net. Quant à l'indice de satisfaction, il atteint un niveau record avec 98 % des acheteurs en ligne qui se disent satisfaits. Or, on sait que pour acheter sur le Net, la confiance est un élément essentiel. La crise semble bien loin avec de telles perspectives... >> Ça n'a pas grand-chose à voir car de fait, une partie des achats ne sera qu'un transfert : il y a ainsi des gens qui vont mixer les achats sur Internet et ceux dans les magasins. Pour de nombreux consommateurs, acheter sur le Net reste très pratique et moins cher. Ensuite, il y a aussi beaucoup de choix et notamment des produits d'avant-garde. D'ailleurs, ce qui est intéressant dans l'analyse des achats de Noël des internautes, c'est qu'ils donnent souvent les tendances du futur. Les internautes sont souvent technophiles et friands de nouveautés.w PROPOS RECUEILLIS PAR C.J.





