Un rendez-vous historique, des habits de fête trop petits
Publié le dimanche 29 novembre 2009 à 06h00
Hier après-midi, toutes les raisons étaient bonnes pour se promener sur le Grand Boulevard en fête. Tram gratuit, temps à l'accalmie, familles réunies.
.. De bonnes raisons de partir, de revenir, de redécouvrir et de se souvenir. Tels Jean-Pierre et Martine, deux Seclinois rencontrés à la station « Botanique ». « Moi j'ai vécu ici pendant des années, j'y ai beaucoup marché à pied. Bien sûr que j'y suis attaché à ce boulevard » , se rappelle Martine. Elle, c'est l'architecture qui la passionne. Les façades Art déco ou Art nouveau qui jalonnent les 22 kilomètres du tracé, c'est son truc. Alors, programme en main, elle suit les indications des sites remarquables repérés par la communauté urbaine. « On a tellement l'habitude de passer à toute vitesse ici que ça fait du bien, pour une fois, de prendre le temps de lever le nez pour voir ces merveilles », raconte Jean-Pierre, des kilomètres et des kilomètres de boulevard dans les jambes à mobylette, de la piscine de Roubaix jusqu'à Fives dans les années 1960.
Le couple n'interrompt la valse des souvenirs que pour se laisser emporter par la petite musique du répertoire « 1900 » des élèves du conservatoire de musique de Marcq-en-Baroeul qui avaient investi l'Hôtel Desurmont, arrêt Clemenceau-Hippodrome.
La Madelon en costume 1909
Hier après-midi, on avait aussi de bonnes raisons de papillonner, de flâner, de se laisser emporter. Comme ces enfants rencontrés sur le chemin de la parade du Père Courage, le cheval Vapeur de la Compagnie Le Phun-Metalu. Station « Romarin », Laurie, 8 ans, a le regard fixé sur la bête mécanique. Tout à côté, Frédéric, le père, a presque l'âge de sa fille. « On est venus de Wasquehal en tram et on va remonter en s'arrêtant par-ci, par là... J'ai déjà repéré trois-quatre trucs. Là, on vient de tomber sur des animations en costumes d'époque. Même si ça peut paraître désuet, ça conserve du charme. J'aime bien. » En réponse, une station plus loin, l'harmonie municipale madeleinoise en tenue « 1909 » donne de La Madelon. Charme désuet...
A l'autre bout de la ligne, à Tourcoing, station « Pont Hydraulique », on découvrait aussi qu'hier, on avait également de bonnes raisons de rêver, de se projeter. Celui de voir un jour le boulevard ouvert, de temps en temps, aux autres modes de déplacements. « Faire des randos à rollers sur un boulevard fermé à la circulation ponctuellement, ce serait le pied ! », s'exclame Jeannine, de l'association Ride on Lille.
Malheureusement hier, on avait aussi de bonnes raisons de pester, de regretter, d'enrager. Contre un choix de calendrier qui, s'il collait à la date officielle du centenaire, n'était pas des plus opportuns pour mobiliser les foules. Contre la pluie aussi, qui a fini par pointer le bout de son nez, pour refroidir des centaines de badauds désoeuvrés pendant un « mini-tunnel » d'une heure et demie au Croisé-Laroche, à attendre un feu d'artifice au final peu emballant. Et puis surtout, contre cette impression tenace de manque d'unité, de lien - un comble pour ce symbole du lien métropolitain qu'est le Grand Boulevard ! - entre les animations qui jalonnaient le parcours. En 1909, le tracé du sillon métropolitain était un acte fondateur. Hier, l'ensemble tenait plutôt de l'acte manqué. L'entrée du boulevard dans son deuxième centenaire méritait sans doute un peu mieux
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Retrouvez demain notre supplément spécial Grand Boulevard.




