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POLITIQUE

Régionales : revue de détail des forces en présence

14 et 21 mars: deux tours pour élire 113 conseillers régionaux.  Photo H.V.M. 14 et 21 mars: deux tours pour élire 113 conseillers régionaux. Photo H.V.M.

À part l'inconnue extrême gauche, les têtes de liste sont en piste pour les élections régionales de mars. Avec déjà des embryons de discussions pour les alliances de 2nd tour.



FLORENCE TRAULLÉ > florence.traulle@nordeclair.fr
Ils ont un point commun : avoir « gouverné » la Région ensemble pendant le dernier mandat. Mais c'est séparément qu'ils iront à la bataille des régionales en 2010. De quoi compliquer un peu la tâche des Verts qui vont devoir assumer le bilan qu'ils partagent, en grande partie, avec les socialistes tout en faisant liste à part ? Officiellement, tout le monde se dit « à l'aise » avec cette situation. Côté PS, pourtant, on ne cachait pas, il y a quelques mois, que des listes communes dès le premier tour paraissaient moins risquées. « C'était juste après la claque que l'on s'est prise aux européennes et alors que les écolos avaient, objectivement, fait un carton, raconte un élu socialiste.
Mais on a vite compris qu'ils étaient dopés par leur coup d'éclat et feraient cavalier seul. » Comme partout ailleurs.



« Logiciel » compliqué
C'est donc avec ses seuls partenaires habituels du Mouvement républicain et citoyen (MRC) et du Parti radical de gauche (PRG) que les socialistes ont discuté pour composer leurs listes. Et surtout entre eux car la composition d'une liste PS est toujours un exercice de haute voltige. Il faut entrer dans le « logiciel » des négociations un tas de données : le poids des différents courants, les exigences des militants qui ont monté tellement fort qu'il a fallu un référendum interne pour entériner de nouvelles pratiques sur le non-cumul, le renouvellement des têtes, la place faite aux candidats dits de la diversité.
Certes, ces règles n'entreront pas en vigueur officiellement pour les régionales mais il fallait donner des gages. Listes rajeunies, donc, et plus mixées, c'est indéniable. Conséquence : des sortants laissés sur le bord de la route qui l'ont dur, comme Jeannine Marquaille. Pour simplifier les choses, il a fallu aussi tenir compte, dans le Nord, de quelques vieux conflits de personnes, finalement réglés par un accord qui place Pierre de Saintignon tête de liste mais Bernard Roman, futur premier vice-président si le PS l'emporte.

Les Verts pas seulement
Parmi les poids lourds qui disparaissent, Marie-Noëlle Lienemann et Jack Lang qui, officiellement, n'aurait pas souhaité en être à nouveau. Ça simplifie les choses au PS où l'ancien ministre de la Culture, peu présent dans l'institution régionale mais prisé pour son carnet d'adresses, ne faisait vraiment plus l'unanimité. Daniel Percheron, président sortant, chapeaute le tout, même s'il se dit qu'il s'est fait un peu prier.
Il aura donc face à lui, côté Verts, un candidat qu'il connaît bien (il siège à la Région depuis deux mandats) : Jean-François Caron, largement investi à l'interne puisqu'il a récolté 56 % des votants Verts alors qu'il avait en face de lui sept candidats. Les Verts ont également fait leurs choix : la Roubaisienne Madjouline Sbai pour la liste Nord avec, derrière elle, des sortants, Emmanuel Cau et Myriam Cau. Ginette Verbrugghe et Michel Autès n'ont pas été investis, sans doute victimes du renouvellement des têtes. Dominique Plancke, Vert historique, ne sera qu'en huitième position sur la liste nordiste. Une place intermédiaire qui ne lui assure l'élection qu'en cas de bon score.

Rassemblement écolo
Reste maintenant à composer le reste des listes qui, surfant sur le coup réussi aux européennes, seront labelisées Europe Écologie Nord - Pas-de-Calais. Des discussions sont en cours avec le MEI (Mouvement écologique indépendant) qui présente régulièrement des candidats dans la région, même si on ne les voit qu'à ces moments-là, et Cap 21, très peu actif ici pour ne pas dire inexistant. Le rassemblement de la famille écolo réalisé, restera à aller chercher des personnalités ailleurs pour élargir l'assise et tenter de rééditer le coup des européennes, dans un contexte pourtant plus difficile. Les Verts savent que la sociologie de la région ne leur est pas très favorable. Mais...w

À droite, la difficile recherche des équilibres

Le choix de l'Élysée a donc primé sur celui des militants à droite : Thierry Lazaro, le chef de file UMP, a abandonné son intention de conduire la liste de la majorité présidentielle au profit de la secrétaire d'État originaire de Valenciennes. Ce qu'on sait aujourd'hui, c'est que Valérie Létard (Nouveau centre) sera numéro un dans le Nord et prétendante au siège de présidente de la Région. Juste derrière elle, parité oblige, on devrait retrouver Thierry Lazaro, chef de file UMP « éconduit ». Sur la liste départementale du Pas-de-Calais, deux sortants UMP - André Flajolet et Natacha Bouchart - devraient assurer le ticket de tête. Sauf à réchauffer la piste Gervais Martel, de moins en moins probable. Si la plupart des dix-sept sortants UMP du conseil régional sont candidats à rempiler, Thierry Lazaro, qui veut dépasser la barre des 30 % au second tour, prévient : il faudra que les candidats « donnent des gages qu'ils mouilleront le maillot pendant ce mandat qui n'est pas une "rente" ». En coulisse, il se dit que la génération montante de l'UMP pourrait se faufiler dans les places électives : la Villeneuvoise Florence Bariseau ou le Tourquennois Gérald Darmanin, qui ont pris l'habitude de ferrailler contre les ténors de gauche que sont Gérard Caudron et Michel-François Delannoy, sont régulièrement cités. Reste la question de la place du Nouveau centre : à part Valérie Létard, combien se trouveront en position éligible d'ici à la fin des négociations, aux alentours de la mi-décembre ? Un accord national prévoit 20 à 25 % de places éligibles sur les listes d'union. La déclinaison locale est entre les mains des hiérarques régionaux des deux mouvements. On sait juste qu'outre Valérie Létard, les deux autres sortant de l'ex-UDF, le Cambrésien Yves Coupé et la Roubaisienne Louisa Mohktari, sont partants pour un nouveau mandat.wSÉBASTIEN LEROY

Le Front de gauche a déjà posé ses conditions pour le second tour

Peu probable qu'ils puissent rééditer leur coup de Trafalgar de 2004. Les communistes avaient fait liste commune avec le PS et les Verts au 2nd tour mais, au moment de composer l'exécutif, ce fut niet ! Refus de partager le pouvoir avec les socialistes qui ne devraient pas se faire rouler dans la farine une deuxième fois. Si accord il doit y avoir, gageons qu'il sera blindé à l'avance. En tête de la liste du Front de gauche, où l'on retrouvera 40 à 50 % de communistes, Alain Bocquet qui affirme qu'il sera aussi candidat au 2nd tour. En 2004, il s'était désisté. Sur cette liste de gauche radicale, des représentants du Parti de gauche (leader : Marc Dolez, dissident socialiste qui a rejoint le mouvement de Jean-Luc Mélenchon). Déjà les communistes ont annoncé la couleur : pas question d'une alliance pour le 2d tour si le MoDem en est. Si le Front de gauche obtient dans les 10 %, il pourrait peser sur les futures alliances à gauche.wFL.T.

Marine Le Pen vise les 15 %

Exit Carl Lang qu'elle a éliminé, ainsi que ses alliés. Marine Le Pen a fait place nette dans la région où, après avoir été élue en Île-de-France, cette « voyageuse de la politique » sera en tête de liste pour le FN. Dopée par les affaires à Hénin-Beaumont, obligée de faire un bon score ici pour légitimer la prise de succession de son père à la tête du parti, Marine Le Pen a annoncé la couleur : une campagne offensive en prévision. Alors que le FN a fait 10,9 % aux européennes, elle dit viser la barre des 15 % pour ces régionales.wFL.T.

Le MoDem, pour se compter

C'est Olivier Henno qui conduira le MoDem à la bataille. L'élu de Saint-André avait déjà fait un passage à la Région entre 1992 et 2001. À l'époque, c'était sur les bancs RPR-UDF. Autres temps... Aujourd'hui, la famille centriste est éclatée et le MoDem se présente seul avec pour ambition de dépasser son score des européennes dans la région (8,14 %) et pourquoi pas « casser » la barre des 10 %. Pour le Pas-de-Calais, c'est Frédéric Leturque, conseiller sortant, qui portera l'étendard. Les listes départementales seront dévoilées mi-décembre. wS.L.


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