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GRIPPE H1N1

La vaccination des collégiens et lycéens commencera lundi

Pour les collégiens et lycéens, le début de la vaccination dans les établissements est retardée de quelques jours. Le temps de régler l'organisation. Elle est lourde.


Branle-bas de combat dans les inspections académiques confrontées à une première : l'organisation, dans les établissements scolaires, d'une campagne de vaccination massive. Les services de l'Éducation nationale bénéficient de l'expérience de ceux qui ont essuyé les plâtres avec la vaccination grand public lancée mi-novembre mais il n'empêche. Jean-Pierre Paulvent, Inspecteur d'Académie du Nord, est au point question consignes ministérielles. Il lui reste pourtant un sacré morceau : organiser les plannings de vaccination pour tout le département du Nord. Il faut recenser les médecins et infirmiers scolaires qui seront envoyés dans les établissements pour assurer la vaccination et régler les plannings tout en gérant la coordination avec les centres installés dans les villes qui apportent l'aide logistique. Ce sont en effet eux qui fourniront les vaccins.

L'objectif : démarrage lundi sur tout le territoire mais pas en même temps. Comprenez qu'il y aura des collèges et lycées, répartis sur toute la région, où dès lundi après-midi, les premiers élèves passeront à la piqûre mais la vaccination ne pourra commencer dans tous les établissements ce lundi. Voilà pour l'objectif.

Ces jours-ci, les parents commencent à recevoir les documents distribués par les chefs d'établissements. Notices explicatives, formulaire de consentement et questionnaire médical à remplir et retourner. Dans certains collèges et lycées, ils sont déjà distribués. Dans d'autres, il y a un peu de retard. C'est selon. Le problème, pour l'organisation, c'est que « nous ne savons pas combien seront volontaires », reconnaît Jean-Pierre Paulvent qui doit organiser la logistique avec cette inconnue. Elle n'est pas mince.

Pour la vaccination générale, le démarrage a été plutôt mou mais, comme le confirme le préfet de région, Jean-Michel Bérard, « ça change. Ces derniers jours, dans le Nord, il y a dix fois plus de gens qui viennent se faire vacciner que le premier jour ». Il observe que « l'état d'esprit de la population évolue assez vite. Ce n'est pas totalement une surprise, il fallait une prise de conscience ». Les ratés des débuts, notamment les bons qui n'ont pas tous été envoyés aux prioritaires (personnes à risque médicalement identifiées notamment) commencent à se corriger et, de ce qu'on peut observer sur le terrain, « ceux qui n'ont pas reçu leur bon mais ont des raisons médicales d'être prioritaires sont pris en charge par les centres ». Une simple ordonnance du médecin traitant peut suffire.

Pour les collèges et lycées, environ 40 à 50 équipes mobiles (un médecin, deux infirmiers) seront constituées. « Tous ont été réunis la semaine dernière à l'Inspection Académique », précise Jean-Pierre Paulvent pour qui « tout le monde sait désormais ce qu'il a à faire » . Sur la base des autorisations parentales qui doivent être retournées dans les établissements, l'Inspection Académique aura une idée plus précise de la logistique à mettre en place, notamment la durée du temps nécessaire pour les équipes médicales, établissement par établissement. Sauf qu'on se doute ici qu'il y aura des retardataires, ou des parents qui auront dit non et qui, en fonction de l'évolution de la pandémie, changeront d'avis.

Si la vaccination est terminée dans un collège et lycée, il faudra alors que les élèves se rendent dans le centre de vaccination dont ils dépendent géographiquement et dont l'adresse figure sur les bons de vaccination envoyés par la CPAM.
Une certitude, pour les parents : ici, comme ailleurs la règle est la même. La vaccination repose sur le volontariat. « C'est une règle intangible », rappelle Jean-Michel Bérard pour qui la campagne en milieu scolaire devrait être terminée avant les vacances de Noël. Il rappelle qu'elle ne concerne pas « les élèves de maternelle et primaire pour qui il nous a paru préférable, vu leur âge, qu'ils soient accompagnés de leurs parents. D'où le choix de les vacciner dans les centres où leurs parents sont invités à se présenter quand, là encore, ils auront reçu leurs bons » . Dernière précision, dans les lycées et collèges, les parents seront avertis, à l'avance, du jour où leur enfant sera vacciné.w

L'épidémie s'est installée dans la région mais n'a pas explosé

On peut comparer la situation de la région Nord Pas-de-Calais à celle de l'Ile-de-France ou de la Belgique. Légère stagnation de l'évolution de l'épidémie par rapport à la semaine dernière. Cela dit, elle est clairement là.«L'activité liée à la grippe se poursuit aux Urgences dans tous les établissements hospitaliers de la région et dans les consultations de médecins », observe le docteur Édith Pons, chargée du suivi de la grippe H1N1 à la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales. Ce qui ne veut pas dire que toutes les personnes qui se sont présentées aux Urgences pour des symptômes de grippe nécessitaient une prise en charge en urgence. On peut plutôt y voir le signe de l'angoisse de certains patients ou la confirmation de la pratique, désormais bien établie, qui veut qu'on fasse appel aux Urgences pour des situations qui pourraient être prises en charge par la médecine de ville. « Sur la métropole lilloise, il n'y a pas de véritable hausse par rapport à la semaine précédente qui, elle, avait enregistré une très forte augmentation. » La proportion de résultats positifs aux tests effectués en laboratoire pour vérifier s'il s'agit bien de grippe H1N1 sont passés de 45 % la semaine dernière à 33 % cette semaine « mais il faut y apporter une nuance. La demande de prélèvements a été très importante », ajoute le Dr Pons. Et peut-être tous n'étaient pas justifiés. Précisons : nombre de cas de grippe H1N1 ne sont pas repérés en tant que tel puisque pas testés en laboratoire. Les données épidémiologiques se basent donc sur des estimations.Côté cas graves, depuis le début de l'épidémie, 17 personnes ont dû être placées en réanimation et deux personnes sont décédées. « Des personnes qui présentaient, toutes les deux, des facteurs de risque ». En résumé, « une situation globale identique à ce qu'on observe en Ile-de-France et chez nos voisins belges ». À savoir « une épidémie qui est installée mais qui n'a pas explosé dans le Nord - Pas-de-Calais. » Si les prévisions restent forcément très aléatoires, le Dr Pons pense que « l'épidémie se poursuit. Peut-être qu'elle mettra un peu plus de temps à se développer. ».w

Dans les hôpitaux, la vaccination monte aussi en puissance

On les disait réticents et le peu d'enthousiasme des personnels hospitaliers à se faire vacciner posait question. Ça change. Explications avec le professeur Annie Sobaszek, du CHRU de Lille, où un peu plus de 20 % des soignants sont vaccinés.Hier soir, près de 3 000 personnels hospitaliers du CHRU de Lille étaient passés à la piqûre. Soit « un peu plus de 20 % de notre "cible" » , évalue le professeur Annie Sobaszek, responsable de la médecine du travail. Pour elle, « c'est pas mal du tout », surtout après un démarrage assez lent. Il a fallu, ici aussi, faire de la pédagogie. « Des informations claires et précises » attendues par les personnels hospitaliers mais « le fait que, depuis trois semaines, nous avons eu des hospitalisations graves de personnes jeunes et indemnes de toute pathologie par ailleurs a sans doute joué », estime le professeur Sobaszek, convaincue de l'impact de cette confrontation directe, au sein de l'hôpital, avec les conséquences de la grippe. Autre facteur qui pèse sans doute : « l'excellente adhésion des médecins qui ont été les premiers à se faire vacciner ».Si, aujourd'hui, les réticences du personnel hospitalier semblent moins fortes (cela est confirmé dans d'autres hôpitaux de la région), les questions restent nombreuses mais elles portent plus sur l'éventuelle vaccination de leurs propres enfants : « c'est, pour eux aussi, une vraie préoccupation car ils sont bien placés pour savoir que les personnes jeunes sont plus particulièrement exposées à la grippe ». wFL.T.

Et maintenant, aux parents de décider....

Les parents de collégiens et/ou lycéens ont dû recevoir le fameux « formulaire de consentement préalable à la vaccination. » À eux de décider s'ils veulent, ou pas, que leur enfant soit vacciné dans l'établissement. Et ça, c'est pas coton...Vacciner ou pas ? Prendre le risque de voir son enfant attraper la grippe ou celui de souffrir d'effets secondaires du vaccin ? C'est la question qui se pose aux parents des collégiens et lycéens, appelés à faire un choix extrêmement difficile en un minimum de temps.« Ma fille m'a donné le document lundi soir, je l'ai réclamé à mon fils. Et les deux autorisations sont à rendre ce jeudi », soupire Claire Collin. C'est que la maman hésite, et même beaucoup. Alors elle enchaîne les coups de téléphone. À sa soeur, médecin hospitalier, qui défend cette fois-ci la vaccination qu'elle critiquait il y a un mois. À son médecin traitant qui défend aussi le geste vaccinal, « mais vous m'auriez appelé il y a 15 jours, je n'aurais pas dit la même chose, et même, j'aurais déconseillé la vaccination. » On ne peut être plus clair, voilà la mère de famille fixée, mais pas encore décidée. Il lui reste deux nuits à cogiter avant de rendre le document.Et qu'en pense la FCPE, principale fédération de parents d'élèves ? Le président Nord, Hachemi Salhi, se dit « interpellé » par de nombreux parents sur la vaccination dans les établissements scolaires. « Beaucoup se demandent si elle est obligatoire ou pas. Elle ne l'est pas, et nous réclamons que les enfants ne soient évidemment vaccinés qu'avec l'autorisation des parents », souligne le président. Un représentant des parents d'élèves qui regrette cependant que tous les parents n'aient visiblement pas encore reçu le formulaire de consentement. « Ça ressemble un peu à de l'improvisation alors que c'est une opération prévue depuis un moment. Tout semble fait à la dernière minute alors que notre discours consiste à dire aux parents qu'il ne faut pas paniquer », constate Hachemi Salhi. Sur la fermeture des établissements en cas de grippe H1N1, la FCPE avait réclamé que les pouvoirs publics « veillent à la continuité pédagogique. » Mais sur le vaccin, la fédération ne devrait pas prendre position. « Vacciner ou pas, c'est l'entière liberté des familles. Chacun son rôle, nous ne sommes pas médecins et n'avons aucune légitimité à dire ce qu'il faut faire ou pas, à discuter de la gestion de la pandémie par les pouvoirs publics », assure Hachemi Salhi en ajoutant que sa fédération sera vigilante à ce que chaque famille « reçoive une bonne information. » C'est déjà ça.wCHRISTELLE JEUDY


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