Un règlement intérieur « toxique » ?
Publié le vendredi 06 novembre 2009 à 06h00
Les élus communautaires doivent adopter aujourd'hui une délibération-cadre sur la gestion de la dette. Une séance où seront évoqués les produits toxiques mais, aussi, un règlement intérieur dénoncé par l'UMP Marc-Philippe Daubresse.
CHRISTELLE JEUDY > christelle.jeudy@nordeclair.fr
C'était il y a un mois : lors du précédent conseil de communauté, le vice-président aux Finances, Dominique Baert, annonçait qu'une délibération-cadre serait proposée à la séance de novembre. « Pour réduire encore plus les produits à risques », ou toxiques, des finances communautaires et proposer une nouvelle gestion de la dette, laquelle s'élève à 1 593 millions d'euros pour la communauté urbaine de Lille (LMCU). De fait, un tiers des produits financiers contractés par la communauté urbaine entre 2002 et 2007 est à risques, avec un montant de pertes financières potentielles estimé à 67 millions d'euros.
Ce n'est pas faute d'avoir prévenu sur cette question, « et dès novembre 2008 », a martelé hier le chef de file de l'opposition, Marc-Philippe Daubresse (UMP), entouré d'une partie de son groupe. Tout en affirmant ne pas avoir voulu « mener d'opération de politique politicienne sur le sujet », le député-maire de Lambersart propose « quelques modifications » à la délibération-cadre soumise au vote des élus tout en se disant « satisfait » sur la globalité du texte. Son groupe devrait donc le voter cet après-midi.
Attaquer aussi
les emprunteurs ?
Le cabinet Kopfler a déjà analysé la structure de la dette et des produits financiers, mais Marc-Philippe Daubresse souhaite malgré tout « un second rapport, pour évaluer au moins une fourchette de risques. » Et pour une transparence la plus totale sur les avenants, le chef de file de Métropole communes unies (MCU) réclame que « chacun passe en commission des finances. » Pour le reste, Marc-Philippe Daubresse salue la charte de bonne conduite à venir. Il y a un mois, la présidente, Martine Aubry, avait annoncé son intention de mener d'éventuels recours juridiques contre les banques ayant conseillé des produits à risques à la communauté urbaine. « Si on cherche des responsabilités du côté des prêteurs, on devra aussi le faire du côté des emprunteurs, y compris dans le passé », souligne Marc-Philippe Daubresse pour qui il y a tout de même « des personnes, en communauté urbaine de Lille, qui ont signé les contrats. » Et tout en évitant d'attaquer de front Martine Aubry - « sa responsabilité à elle n'est pas en cause » - ou même Dominique Baert - « il n'était pas à l'époque en charge des finances » - Marc-Philippe Daubresse renchérit : « Si on attaque quelqu'un alors, on doit attaquer tout le monde, tous ceux qui sont à l'origine de cette catastrophe financière. » L'élu lillois Christian Decocq, jugeant « consternante l'attitude gestionnaire et politique à la communauté urbaine comme à la ville de Lille », a lui réclamé un plan pluriannuel d'investissement (PPI). Pour « voir où nous en sommes, ce qu'on fait ou ne fait pas. Il faut se tourner vers l'avenir et en tirer les leçons. » Mais la séance doit aussi évoquer un nouveau règlement intérieur dénoncé par le groupe MCU : la délibération prévoit ainsi, pour Marc-Philippe Daubresse, « la fin de droit de la mission d'information, qui doit être demandée par un quota de 29 personnes et si la présidente le décide. » Haro aussi sur le fait que les amendements devront être déposés deux jours avant les débats ou la possibilité d'évoquer des motions « diverses » , comme celle sur La Poste il y a un mois. « On renforce le droit à la parole de la majorité et on bâillonne l'opposition. C'est la nouvelle gouvernance de la tsarine Martine Aubry », résume le chef de file de MCU.w





