Pourquoi le TGV Lille-Paris est-il si cher ?
Publié le lundi 19 octobre 2009 à 06h00
Le Lille-Paris est une des lignes TGV les plus chères. Un tarif auquel la clientèle d'affaires s'est habituée mais qui fait hurler associations et usagers.
Avec un monopole bien ficelé, pas de baisse en vue.
NICOLAS CAMIER
> nicolas.camier@nordeclair.fr
Comme les remarques sur votre style de musique ou la pub au milieu des films, on s'y habitue même si ça agace. Chaque année, le prix des billets TVG grimpe. + 3,5 % cette année. Un Lille-Paris coûte 38,90 E en tarif « normal », si une telle chose a encore un sens (lire encadré), et peut atteindre plus de 60 E. Mais impossible de retracer l'évolution des prix depuis l'ouverture de la ligne. Secret commercial, selon la SNCF : « Si vous demandez ça à Ryanair, ils vous enverront promener aussi. » On pensait qu'il y avait une différence appelée service public.
Dominique Normant, directeur des lignes TGV pour la région Nord, reconnaît que « les hausses sont moins fortes sur les longues distances pour concurrencer les compagnies aériennes low-cost. » De là à penser que la SNCF profite de son monopole sur des lignes courtes, il n'y a qu'un pas que franchit des deux jambes Pascal Perri, économiste auteur de SNCF : un scandale français (Eyrolles, 2009).
« Même si la SNCF est une entreprise publique, son monopole n'est pas vertueux. Et quand l'avion est taxé, le TGV est lourdement subventionné. »
Clientèle d'affaires
La SNCF aurait tort de se priver. Comme le fait remarquer Dominique Normant, « le Paris-Lille est tout le temps plein, c'est qu'il n'est pas trop cher. » Ou plutôt, c'est qu'il est trusté par une clientèle d'affaires qui se fait rembourser tout ou partie de son billet. Qui d'autres pour se payer un abonnement à 600 E par mois plus 1,50 E par voyage ?
Mais Dominique Normant l'assure : « La hausse des prix est toujours indexée sur l'inflation. » « Faux. L'État laisse courir le prix bien au-dessus », rétorque Jean Lenoir, vice-président d'une fédération d'usagers des transports (FNAUT), qui soupçonne la SNCF d'avoir réduit les quotas réservés aux réductions. Un sentiment que le silence de l'entreprise rend invérifiable. Mais l'argument choc de la SCNF, le voici : les prix des péages payés à RFF, le gestionnaire du réseau, explosent. Sauf que ce prix « équivaut seulement à la moitié des coûts d'entretien assumée par RFF », souligne Pascal Perri. Un entretien que RFF sous-traite à la SNCF ! Qui ne se prive pas pour surfacturer ses missions. Une « relation incestueuse » dénoncée par la cour des comptes en 2008.
Pas d'offre diversifiée
Et qui a toutes les chances de fausser l'ouverture du trafic voyageur à la concurrence prévue pour décembre. Notamment car « la SNCF a toujours son mot à dire sur l'attribution des sillons (créneau ligne-horaire, ndlr) par RFF », précise Pascal Perri.
Que la SNCF cherche à gagner de l'argent sur le TGV, sa seule activité rentable, ne « choque pas » Jean Lenoir. Le problème, c'est « la politique systématique de rabattement de l'offre vers TGV. » Dans les premières années du Lille-Paris, un Corail continuait de faire le trajet trois fois par jour. Le bon plan pour les fauchés et les pas pressés. Une initiative très vite abandonnée faute de « rentabilité » . Jean Lenoir ajoute : « Les deux lignes prises ensemble, l'activité était rentable. Bien sûr, maintenant, ça l'est encore plus. » w


![[AUDIO] Immigration : France Terre d'Asile dénonce «l'inefficacité de l'inflation législative»](/mediastore/img/contenu/no_interview.jpg)



sainte justice : Plus de 40% des soit disantes "Réformes" de L'U M P depuis...
emilie06 : Veuillez s’il vous plait rectifier certaines confusions...
contribuable : ça arrangerait il le LOSC qui n'aurait pas le "stade...
lorenzo : ...