Lille-Paris : un des trajets de covoiturage les plus prisés
Publié le lundi 19 octobre 2009 à 06h00
Seul moyen alternatif pour se rendre à Paris, le covoiturage. Une formule qui explose et attire tous les profils : actifs, étudiants... Une centaine de personnes chaque jour et un point commun : le TGV n'est plus dans leurs moyens.
Son profil sur le site covoiturage.fr (premier site de covoiturage en France) affiche 277 trajets entre Lille et Paris en trois ans et cinquante avis de passagers, tous positifs.
Nicolas, 29 ans, est un « covoitureur » aguerri. Informaticien à Paris, il fait la navette tous les week-ends vers son Nord natal. « J'ai pris le train pendant deux ans. Mais ça me coûtait une fortune. Maintenant, je peux me permettre de rentrer plus souvent. Sur Paris-Lille, il y a beaucoup de demande. Alors, je ne voyage jamais à vide. » De 7 E à 20 E le trajet, selon les annonces, le principe a de quoi séduire.
Comme lui, ils sont entre vingt et quarante conducteurs chaque jour à proposer, sur ce site, des places dans leur auto entre Lille et Paris. Tous sites confondus, ce sont plus d'une centaine de personnes qui désertent quotidiennement le TGV pour le covoiturage. « C'est un des trajets les plus prisés en France avec Paris-Rennes », explique une responsable de covoiturage.fr qui revendique 410 000 inscrits et une croissance exponentielle.
« On recense mille nouveaux inscrits chaque jour. La fréquentation du site a été multipliée par dix en un an. »
Profit interdit
Pour « covoiturer », pas compliqué : une inscription sur un site (covoiturage.fr, 123envoiture.com, covoiturage.com...) vous donne accès à toutes les annonces des conducteurs ainsi qu'à leurs coordonnés. Sur covoiturage.fr, on peut même voir leur profil : âge, photo, avis d'usagers... Seule obligation : ne pas faire de profit. Auquel cas, l'activité n'est plus couverte par une simple assurance au tiers.
Qui sont les utilisateurs ? « Un peu tout le monde. Des gens qui bossent sur Paris, des stagiaires, des mères de famille. J'en connais un qui le fait tous les jours. On fait de chouettes rencontres. Comme l'autre fois, j'ai pris un américain qui venait de débarquer et n'avait ni portable ni connaissance en France », témoigne Brahim Fekahr, pigiste qui se rend régulièrement à Paris. « Il y a des habitués que je prends chaque week-end. Dernièrement, on s'est fait un estaminet tous ensemble », raconte Nicolas.
Reste le temps de parcours, deux fois plus long (sans les bouchons). Une donnée que relativise une passagère dans son avis sur son voyage avec Nicolas : « Le voyage dure 120 minutes. Cependant, la personnalité du conducteur et l'ambiance qu'il sait créer de concert avec les voyageurs font que, dans la perception de ces derniers, les 120 minutes se transforment en 20 minutes. Le calcul est simple : cela vous raccourcit le parcours de 40 minutes comparé au TGV » CQFD.w
N.C.





