La gare de Somain condamnée par la réforme du fret ?
Publié le jeudi 24 septembre 2009 à 06h00
À Somain, les cheminots qui assistent depuis des années à la réduction progressive de leur activité, craignent la disparition de leur gare de triage et de ses 400 emplois, dans le cadre de la vaste réorganisation du fret.
David Rotolo, représentant CGT à Somain, est sans illusions. Pour lui, le projet de réorganisation du fret « signifie purement et simplement la mort de la gare de triage de Somain, des ateliers et des dépôts ». Abandon annoncé de 50 à 60 % du trafic de « wagon isolé » ? Cette activité, qui consiste à transporter les marchandises d'un client sur une partie du train et non sur le convoi entier, concentre 65 % des pertes de la société des chemins de fer. Or, « le wagon isolé, c'est 90 % de l'activité marchandises de Somain », explique le maire communiste de la commune, Jean-Claude Quenesson.
« Chez les salariés, ça va très mal. On est inquiet, dépité même. Il y a des gens qui bossent là depuis 30 ans, ils ne savent pas ce qu'ils vont devenir », témoigne David Rotolo, qui dit s'attendre à des pressions de la direction pour forcer les salariés à se reclasser.
« D'ailleurs ça a déjà commencé : on envoie des salariés en mission, officiellement pour 6-7 mois, et on ne les voit jamais revenir. En fait, ça fait deux-trois ans que la SNCF veut se débarrasser de Somain, qui est pourtant la quatrième gare de France en capacité fret », affirme ce cheminot, lui-même muté à Valenciennes lors d'une restructuration précédente en 2006.
« La direction avait pourtant annoncé qu'elle voulait faire de Somain un fleuron de ce qu'elle appelait "le haut débit ferroviaire"... », s'étonne David Rotolo. Selon lui, la SNCF cherche à « décourager les petits clients, non rentables, avec des hausses de prix exorbitantes ».
« On a l'impression que la gare de Somain est en train d'être démantelée morceau par morceau », renchérit M. Quenesson.
« Depuis février, c'est catastrophique, il n'y a quasiment plus de travail », s'alarme Patrick Bellot, en charge de l'administration des ventes fret à Somain, qui a déjà vécu quatre reclassements. « Il y a vraiment un ras le bol », estime aussi Stéphanie Nikolajewski, spécialisée dans la gestion des trains import-export, qui critique « le silence de la direction ». Élus et syndicats appellent à une manifestation à Somain samedi.


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