Le vague à l'âme chez Beaulieu
Publié le mercredi 22 juillet 2009 à 06h00
Pour la majorité des salariés de Beaulieu Weavers, c'était hier le dernier jour de travail avant la fermeture de l'usine. Des bleus à l'âme, et l'impression de quitter une grande famille.
Ce sont des sentiments assez étranges qui ont animé les salariés de Beaulieu Weavers avant la fermeture hier de l'usine, les salariés devant recevoir aujourd'hui leur lettre de licenciement. 50 des 90 salariés n'y remettront jamais les pieds. Les autres reviendront pour les finitions et écouler les stocks.
Amer, Mehdi, 24 ans, « le plus jeune de l'entreprise », va perdre le premier emploi qu'il avait obtenu à sa sortie de l'école.
« Plus jamais dans le textile, peste-t-il. Pour ne pas revivre ça dans quelques années ».
À la pause midi avec ses collègues, il profite des derniers instants avec « sa famille », ces 10 collègues composant son équipe de nuit. « C'est vraiment dur de perdre les collègues, ses amis », commente-t-il.
Mehdi, hier après-midi, a franchi pour la dernière fois les portes de l'usine. Avec beaucoup de regret et de tristesse, mais avec l'idée que « c'est une chance pour repartir sur quelque chose d'autre, de bien ».
Affecté par la fermeture, il comprend ceux qui ont plus de 10 ans d'ancienneté. Comme Rita, 16 ans chez Beaulieu. Mais elle joue les prolongations. Elle sera de ceux qui reviendront le 17août pour écouler les 50 000m² de tapis et 70 000m² de moquette, un demi-mois de production.
Un moyen pour elle « de reculer le temps pour ne pas tourner la page tout de suite ». C'était aussi son premier emploi. « On avait fait son petit nid ici. C'est dur de se dire qu'il va falloir tout recommencer ailleurs ».
Peu de salariés ont choisi de rejoindre Ideal Fibre, la seconde société du groupe Beaulieu implantée à Comines qui recrute 90 personnes. Une dizaine de personnes ont postulé. À peu près autant de Filartois (Douvrin), cette autre usine du groupe belge qui vient de fermer, ont fait de même, « C'est un peu l'ineptie de la situation, commente le DRH, Éric Ente. Il va falloir recruter des personnes extérieures... » En attendant, les machines, elles, étaient hier en train d'arriver dans l'entrepôt, récupérées par Ideal Fibres.
3 salariés ont déjà un nouvel emploi, et une dizaine a retrouvé un CDI pour la rentrée.


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