L'usine Bosal d'Annezin en partie liquidée : 298 licenciements
Publié le samedi 11 juillet 2009 à 06h00
La décision du tribunal de commerce d'Arras concernant l'avenir de l'usine Bosal à Annezin est tombée hier matin : liquidation de l'unité de production et reprise de l'unité de distribution, soit seulement 88 emplois sauvés sur 386.
Six mois après l'annonce par Karel Bos, le patron de l'équipementier automobile belgo-néerlandais Bosal, de son désengagement de l'usine de pots d'échappement d'Annezin, dans le Béthunois, le sort des 386 salariés est scellé. Le tribunal de commerce d'Arras a en effet décidé hier de prononcer la liquidation judiciaire de l'unité de production (298 emplois supprimés) et de valider l'offre de reprise de l'unité de distribution (88 emplois sauvés).
Le repreneur n'est autre que Daniel Cassier, le directeur marketing de l'usine, « le prête-nom » de Karel Bos aux yeux des salariés.
« On savait que l'offre de Cassier serait retenue. De toute façon, c'était le seul dossier en course puisque le PDG de Bosal a refusé d'attribuer la licence de distribution au groupe Cintrax qui avait pourtant un projet de reprise avec 141 emplois. Daniel Cassier, lui, garde 88 salariés, mais seulement entre 20 et 30 sur le site car il a d'autres dépôts en France. Pour nous, cette décision du tribunal est similaire à une liquidation totale du site », commente Fabrice Caron, secrétaire du CE et délégué syndical Unsa.
Depuis minuit, l'ancien directeur marketing est donc officiellement le nouveau patron du site industriel d'Annezin version allégée. Mais les salariés, en grève depuis plus d'un mois, n'ont pas l'intention de lever le blocage sans avoir de garanties financières. « On laisse l'accès libre à Daniel Cassier pour qu'il ne puisse pas retourner contre nous l'argument de l'insécurité. Mais on reste mobilisés. On attend qu'il ouvre de vraies négociations. On veut le paiement des heures de grève et le versement d'une prime extra-légale de 13 000 E par salarié, correspondant au produit de la vente du bâtiment », poursuit le syndicaliste qui ne compte pas non plus laisser Bosal et Renault, son principal client, récupérer les machines et le stock sans contrepartie financière. « Il faut qu'ils mettent la main au portefeuille, sinon... » Sinon le site pourrait bien partir en fumée, au sens propre cette fois.
GAËLLE CARON





