Guy Delcourt claque la porte de la fédé 62
Publié le vendredi 10 juillet 2009 à 06h00
Règlement de comptes au sein de la fédé du Pas-de-Calais. Le maire de Lens s'est mis en congé des instances fédérales pour protester contre la manière dont Catherine Génisson gère le cas de Pierre Ferrari, à Hénin-Beaumont.
SÉBASTIEN LEROY > sebastien.leroy@nordeclair.fr
« J'ai toujours dit que je liais mon destin à celui de Pierre Ferrari ». Dans la grande salle des mariages de l'hôtel de ville lensois, Guy Delcourt prend un air grave au moment d'annoncer sa décision de « s'auto-exclure de la fédération du PS du Pas-de-Calais ». C'est que la coupe est pleine pour celui qui s'était posé pendant la rocambolesque campagne héninoise comme un soutien ardent du jeune Pierre Ferrari. Selon Guy Delcourt, la patronne du PS dans le Pas-de-Calais, Catherine Génisson, aurait franchi le Rubicon « en prenant en catimini des dispositions contre Pierre Ferrari, en raison de la plainte pour diffamation qu'il a déposée contre Daniel Duquenne ». Une démarche dont l'élu lensois avoue être l'inspirateur. « Ferrari a été l'objet d'accusations qui ne sont pas anodines. Un tract de Duquenne dit "ce jeune Lillois fut le complice des dérives de l'équipe sortante". On m'a rapporté qu'en réunion publique, Duquenne avait dit que Ferrari était un "Dalongeville bis". J'ai dit à Pierre : "il faut que tu déposes plainte, parce que si tu ne dis rien, on te le ressortira, ça pourrait avoir des conséquences graves pour ton avenir politique" ».
Car pour Guy Delcourt, il apparaît de plus en plus évident que la fédération du Pas-de-Calais se livre à une attaque en règle contre son poulain. « Il y a une volonté de détruire Ferrari. Pourquoi autant d'acharnement sur un gamin qui est allé à la bataille avec ses tripes, qui a un idéal et qui, malgré une campagne menée seul, a toujours été remarquable de dignité ? ». Et le maire de Lens d'enfoncer le clou, dans le même registre. « Sans doute Pierre Ferrari a-t-il fauté par excès de jeunesse et d'impulsivité. Mais il a au moins eu le courage de faire quelque chose là où le PS était absent, confus, hésitant... ».
Inlassablement, Guy Delcourt se repasse le film des événements héninois, de l'investiture d'abord accordée par le PS à un candidat du PRG (Éric Mouton, ndlr) « inconnu et à la légitimité relative », en passant par le bras de fer qui l'a opposé à Catherine Génisson pour finalement parvenir à imposer Ferrari comme tête de liste. Jusqu'à ces propos - prononcés lors du conseil fédéral de lundi - qu'il prête donc à cette dernière sur la façon dont Ferrari « s'est exclu de lui-même du parti » en portant plainte contre le maire nouvellement élu à Hénin.
Génisson : « Pas de procédure disciplinaire »
Au-delà de la polémique hénino-lensoise, ce mouvement d'humeur a également des relents de troisième tour d'élection au secrétariat fédéral qui s'est déroulé en novembre dernier. À l'époque, Catherine Génisson, candidate proche de Martine Aubry, s'était mise sur le chemin de Guy Delcourt qui avait préféré soutenir la motion Delanoë plutôt que celle du maire de Lille. La députée d'Arras l'avait emporté. « À ce moment-là, j'ai pensé que l'intérêt du parti était que j'admette sa victoire », explique Guy Delcourt. Mais aujourd'hui, le maire de Lens s'estime « trompé » et emploie l'artillerie lourde contre son ex-rivale. « J'ai fait 40 % lors de cette élection interne, sans faire de campagne intempestive, sans phoning, sans promettre des places aux régionales.... » Et l'élu d'émettre des doutes sur la légitimité « d'une excellente parlementaire, mais qui s'est retrouvée bombardée à ce poste sans expérience. » Catherine Génisson, elle, affiche sa surprise. « La plainte de Pierre Ferrari n'entre pas en ligne de compte. Mais par son attitude au moment de la constitution de listes, Pierre Ferrari s'est mis en marge du parti. Je n'ai rien dit d'autre », explique la patronne du PS 62, qui insiste : « il n'y a pas de procédure disciplinaire contre Pierre Ferrari ».
Pour apaiser le climat, Catherine Génisson appelait hier soir Guy Delcourt « à passer au-dessus des conflits ponctuels au nom des liens de camaraderie et de fraternité ». Pas sûr que cela suffise à faire revenir Guy Delcourt sur sa décision. « Je pars de la fédé. Pas du PS.
Catherine Génisson fait ce qu'elle veut. Mais la fédé ne lui appartient pas. Si on veut que je revienne, il va falloir venir me chercher », conclut le maire de Lens. Et ce jour-là, à en croire le Lensois, il faudra davantage qu'une rose entre les dents...





