Résultats du bac : une histoire de « ouf »
Publié le mercredi 08 juillet 2009 à 06h00
Condensé d'émotions contradictoires. La publication des résultats reste un moment particulier pour des milliers d'élèves. Au lycée Van Der Meersch de Roubaix, hier vers 11 h, on oscillait entre « flip », « bad trip » et « truc de ouf ».
SÉBASTIEN LEROY > sebastien.leroy@nordeclair.fr
Nacera, 1,50 mètre de nervosité, traîne devant les grilles du bahut depuis 10 h. « J'ai envie de savoir, là... » La jeune fille, élève de terminale Science et Technique de Laboratoire, s'exaspère. Le stress. « Si je suis recalée, c'est foutu pour moi. C'est la deuxième fois que je le passe », raconte celle qui envisage de passer la frontière pour aller en école d'infirmière à Mouscron l'an prochain.
Mais pour changer de paysage scolaire, le bac reste le meilleur passeport. « Le bac, c'est le franchissement d'une étape. Cette fois, on n'est plus des bébés... » Comme il faut bien conjurer l'angoisse et passer le temps qui ne s'écoule jamais assez vite dans ces moments-là, Nacera se mue en bateleuse du petit groupe de nanas qui l'entoure. On refait l'année, on joue à se faire peur (rattrapage, pas rattrapage...), on se promet la solidarité, au cas où. « On s'est entraidées toute l'année. On va aller ensemble voir ces résultats, explique Nacéra. Et si l'une d'entre nous ne l'a pas, on sera là.. ». Ça commence à bouchonner dans les canaux lacrymaux.
Le bac des enfants...
et des parents
Un peu plus loin, Thomas et Djalil, terminale ES, font leurs comptes. « Je pense l'avoir cette fois, estime le premier. En histoire et en éco, je sais que ça a été. Par contre, la philo... » Djalil, lui, rumine. « J'ai dormi entre une heure et deux heures du mat'... » lâche ce grand gaillard dans un sourire crispé. Ici, on pense à court terme. À ce qu'on va faire une fois la nouvelle tombée, dans moins de cinq minutes. « J'ai hâte de mettre à jour mon statut sur Facebook », plaisante Amaury. « Moi, si je l'ai pas, je supprime mon compte », promet Djalil. Prémonitoire ?
11 h. Les grilles s'ouvrent et la cinquantaine d'élèves qui faisait le pied de grue devant le lycée parcourt en 2 secondes 30 les dix mètres les plus importants de leur courte vie. Face aux panneaux, Céline fond en larmes, flanquée de sa mère qui elle non plus n'en mène pas large. « C'est bon, on l'a ». Le bac des enfants est aussi un peu celui des parents... « Maintenant, on prévient le paternel pour la voiture qu'on lui avait promise... », poursuit la maman, en essayant de reprendre un peu de contenance.
En retrait, Thomas et Djalil font leurs comptes, à nouveau. Il y a de la suppression de page Facebook dans l'air. Djalil a échoué. Tandis qu'il vient d'entrer dans l'âge adulte, Thomas remonte le moral de son pote, noyé dans les larmes de l'enfance.
Sous le regard des profs, Nacera, reçue, commence à organiser les révisions de Lilya qui doit subir le purgatoire des rattrapages. Yasmina, elle, a décroché la mention assez bien. « Je me sens légère. C'est ma vie qui commence », soupire la jeune fille. Thomas est plus terre à terre : « Ce n'est qu'une partie du chemin. La route est encore longue ». On dirait bien qu'il est resté quelque chose de l'épreuve de philo, finalement.
(75,45) En pourcentage, le nombre de reçus au bac général (L,ES,S), avant les oraux de rattrapage dans l'académie, soit un total de 15 085 élèves. Le chiffre progresse de près de 3,5 points par rapport à 2008. (58,36) En pourcentage, le taux de réussite au bac techno dans l'académie, avant les rattrapages. Le chiffre était de 61,2 % l'an dernier. (20,7) L'incroyable moyenne d'un élève, originaire d'Hem, du lycée Saint-Rémi de Roubaix.


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