Elle avait osé s'attaquer au géant Metaleurop
Publié le jeudi 02 juillet 2009 à 06h00 - LAURIE MONIEZ > laurie.moniez@nordeclair.fr
Danielle Poliautre, adjointe au maire de Lille, 1ère femme présidente de la Maison Régionale de l'Environnement et des Solidarités, est décédée. Elle avait marqué les esprits dans le dossier Metaleurop.
« La MRES qui était sa Maison est triste. Ses militants aussi ». Ainsi commence le communiqué d'adieu de la Maison Régionale de l'Environnement et des Solidarités (ex-MNE) à son ancienne présidente. Et ainsi s'achève la vie de Danielle Poliautre : dans la tristesse de voir partir si brutalement une femme de conviction qui luttait depuis sa jeunesse pour une planète plus douce.
L'adjointe au maire de Lille chargée du Développement Durable est décédée dans la nuit de mardi à mercredi d'un cancer fulgurant, à l'âge de 65 ans.
L'élue avait joué un rôle déterminant dans le milieu associatif régional à travers ses combats visant à mettre le développement durable au premier plan des préoccupations de la vie politique régionale et nationale.
Le grand public l'avait découverte à travers l'association EDA (Environnement Développement Alternatif). Dès 1976, interpellée par un agriculteur d'Auby, Gérard Debreyne, qui avait révélé des troubles comportementaux chez ses vaches « qui pissaient le sang », elle s'était attaquée au géant Metaleurop. « Elle avait osé dire que cette usine empoisonnait les gens et qu'il fallait faire un choix entre la santé et l'environnement, ou l'emploi », se souvient l'élu Dominique Plancke. L'agriculteur avait obtenu de Metaleurop une indemnisation de près de 15 000 E.
Pour la première fois en France, un grand groupe industriel était rendu responsable de la pollution occasionnée par son activité. Et ce n'est pas tout.
Après un combat acharné, la présidente d'EDA se retrouve en 2002 aux côtés du président du directoire de Metaleurop pour signer un partenariat visant à ce que l'entreprise participe avec EDA à la réhabilitation des sols pollués.
Mais ses combats n'étaient pas que locaux. En 1992, elle s'envole pour le Sommet de Rio. « Elle incarnait la militante du local au mondial, au sens plein du terme : changer à côté de chez soi, inventer des réponses, rêver d'un autre monde et se donner les moyens de le réaliser », écrit Martine Aubry, très touchée par sa disparition. « Elle a toujours voulu protéger l'homme et son environnement ».
Protéger l'homme en luttant contre l'amiante par exemple mais aussi en éduquant les habitants et ses collègues élus à économiser l'eau, à éteindre les lumières, à procéder au tri sélectif : la vie de Danielle Poliautre était un combat au quotidien. Il y a encore trois jours, sur son lit d'hôpital, elle demandait à ce que le futur Agenda 21 lillois soit bien peaufiné. Cette écocitoyenne était un modèle de militantisme : elle vivait le développement durable jusqu'au bout des doigts.


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citospopulos : Pour ma part je pense qu'l y a toujours des personnes...
citospopulos : oui pour une nouvelle forme de police de proximité...
jeanjean59 : message pour Claire : Bravo pour votre "enfarinage"...