Massage en entreprise : « Des salariés acteurs de leur bien-être »
Publié le mardi 16 juin 2009 à 06h00
Qui a dit que les entreprises ne bichonnent pas leurs salariés ? Certaines leur offrent même des séances de massage, du dos ou des mains, sur leur lieu de travail. La spécialité de Nathalie Carlier, relaxologue-réflexologue.
Quand elle lance il y a deux ans son activité de relaxologue, Nathalie Carlier avait encore en tête ses propres souvenirs du monde du travail. « J'ai été standardiste, assistante commerciale, hôtesse d'accueil. J'ai vu combien la vie en entreprise est stressante et les ravages que cela apporte sur le comportement, l'humeur et même la santé des salariés », glisse-t-elle. Après avoir ajouté la corde de la réflexologie à son arc, la jeune femme part à l'assaut (façon de parler, bien sûr) des chefs d'entreprise pour les convaincre des atouts du massage.
Notamment le amma, un art d'acupression japonais résolument orienté vers la lutte contre le stress.
« En Belgique, au Japon bien sûr et chez nous, en région parisienne ou dans le sud de la France, agir ainsi contre le stress au travail est très répandu. Dans notre région, on a encore un peu trop peur de la nouveauté », sourit Nathalie Carlier qui a tout de même décroché des contrats réguliers comme à Réseau transport d'électricité (RTE) de Marcq-en-Baroeul, Graine d'affaires à Lille, et même à la mission locale de Roubaix où la réflexologue intervient auprès de jeunes.
« Le personnel revendique »
Mais que leur dit-elle, aux chefs d'entreprise, pour les convaincre des bienfaits du massage ? « Je leur prouve que des techniques existent pour prendre soin des salariés, comme des méthodes de respiration simples pour aider à contenir le stress qui peut provoquer des douleurs cervicales, du dos, des problèmes de digestion. J'aide les salariés à être acteurs de leur bien-être. » Depuis deux ans, Nathalie Carlier sent les entreprises évoluer positivement sur le sujet.
« Certains textes de loi sont sortis, sur la santé mentale des salariés. Le personnel lui-même revendique », souligne la jeune femme qui dresse cependant un noir tableau du monde du travail. « On sent les salariés moins investis, démotivés. Avec la crise, ils ont moins d'argent pour se faire plaisir en dehors du travail et ça se ressent sur leur moral. Ils se laissent submerger par des choses qui, avant, n'auraient eu aucun effet sur eux. » Point noir encore que cette « impression qu'ont les salariés qu'ils ne sont pas utiles, qu'ils peuvent être remplacés à tout moment. »
Un petit massage, et ça repart ? Nathalie Carlier en est convaincue. « 15 minutes de amma suffisent pour remettre quelqu'un d'aplomb mais si on veut que l'effet perdure, l'action doit être renouvelée. »
C.J.





