Génération bachelier : « no stress » !
Publié le dimanche 14 juin 2009 à 06h00
Les épreuves du bac débutent ce 18 juin par la traditionnelle épreuve de philosophie : comment les jeunes d'aujourd'hui vivent-ils cet examen qui reste, quoi qu'on en dise, un moment clé de leur vie ? CHRISTELLE JEUDY ET VIOLAINE MAGNE > region@nordeclair.
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Pour Théo Wery, 16 ans, le bac de français (22 juin) n'est qu'un galop d'essai avant l'an prochain... Lycéen en 1èr e ES (économie et social) au lycée Pasteur de Lille, c'est décontracté qu'il aborde son premier grand examen. « Je ne suis pas un bourreau de travail et j'ai relativement confiance en moi. C'est vrai que je ne prépare pas beaucoup mais je me dis que j'ai une bonne réflexion et une bonne analyse. Ça peut me servir », sourit le jeune homme en insistant : « De toute manière, le bac, il ne faut pas que l'on recrache du "par coeur". » S'il semble aussi détendu pour le bac français et SVT (sciences et vie de la terre) qu'il passe dans quelques jours, il l'est tout autant en prévision de l'examen, pourtant autrement plus ardu, de l'an prochain. « Si j'ai un travail régulier tout au long de l'année, ça devrait aller. » D'emblée, Théo vise la mention, « une sorte d'assurance pour l'avenir, ça permet d'espérer les établissements plus élitistes ». Des amis à lui, en terminale, ne sont déjà plus de certaines sorties. « Y en a même qui sèchent des cours pas essentiels pour eux, comme la philo pour les scientifiques. Moi, je ne me vois pas plus sortir du tout car se détendre, c'est important. Dommage que les parents nous mettent la pression alors que ça serait mieux qu'ils nous lâchent les baskets », avoue Théo.
« Le bac, on le passe
pour nous »
Pas de stress non plus au lycée professionnel Léo Lagrange de Bully-le-mines. « Pas encore », s'amuse ce petit groupe de sérieux lycéens de terminale, section commerce, interrompu en pleine révision de maths.
Les épreuves écrites commencent le 22 juin. Mais ne croyez pas qu'ils prennent les choses à la légère... Leur bac, ils le veulent « pour les parents », glisse Céline. « Mon père me dit même, "si tu l'as, t'auras ton dimanche" : des sous, quoi ! ». Les encouragements des profs ne sont pas oubliés, « pour eux, faut aller en BTS, faut avoir le plus de diplôme possible ! » raconte Julien.
Et surtout, « on le passe pour nous », intervient Audrey. Le bac pro, c'est la porte ouverte vers le BTS. Et pour ça, il faut obtenir la mention Bien. Pas si facile... Quand on est déjà bien implanté dans la vie professionnelle, le bac est-il encore un rite de passage ? « La vie adulte, c'est plus quand on arrive en bac pro, avec les stages... » juge Aurore. « C'est sûr qu'on est plus mûr que ceux du lycée général », renchérit Céline. On serait tenté de la croire quand on voit l'ambiance un peu fofolle dans cette classe de terminale S au collège de Marcq-en-Baroeul. À une semaine du bac, les élèves sont survoltés par leurs résultats d'admission en classe préparatoire. Dans cette institution privée catholique qui affiche 100 % de réussite au bac, cet examen est « une formalité » assure Victoire. Elle ajoute « On se prépare au bac pour nous, pour avoir la mention. » Étonnante décontraction, mais Mathilde, sa camarade en terminale scientifique explique : « Rien qu'en maths, on a eu des dizaines de devoirs surveillés, des interros à chaque fin de chapitre. » Elle compte sur cette préparation pour passer l'obstacle sans faillir. Celle qui veut devenir ingénieur en aéronautique ou BTP estime pourtant que ce diplôme n'a plus autant de valeur qu'avant : « Y a 15-20 ans, le bac, c'était encore un truc énorme, on pouvait s'en sortir rien qu'avec ça. Aujourd'hui, même pour être caissière, c'est pas possible ».
Au contraire, pour Simon Baumer, en terminale ES au lycée Fénelon, le bac, « c'est un passage obligé pour mettre toutes les chances de son côté, pour faire plus tard un métier qui plaît ». Pourtant, à 19 ans, le jeune homme sait qu'il n'a pas été très sérieux pendant l'année : « La date du bac me semblait lointaine. Résultat, je ne me suis mis à bosser qu'il y a une semaine et le retard que j'ai pris m'oblige à tout reprendre le programme depuis le début. » Mission impossible ? Simon y croit pourtant. « Même si c'est très dur, c'est faisable. Je vais tenter de rattraper ma bêtise », lâche-t-il, convaincu que « sans bac aujourd'hui, on ne peut plus rien faire. Si je l'ai, ce sera super, sinon, je l'aurais bien cherché. »


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