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Des bidonvilles de l'exclusion au village d'insertion

Dans le petit salon du bungalow, à Lille-Fives, des familles autrefois ballottées d'un terrain insalubre à un autre reprennent espoir.  Ph. L. Maillard Dans le petit salon du bungalow, à Lille-Fives, des familles autrefois ballottées d'un terrain insalubre à un autre reprennent espoir. Ph. L. Maillard

Viorica et Ilie Pruteanu vivent avec leurs deux enfants dans l'un des bungalows du « village d'insertion » de Lille-Fives. Depuis deux ans en France, ils ont connu les caravanes, le dénuement. Aujourd'hui, ils ont repris espoir.



En Roumanie, il travaillait comme ouvrier agricole. Il gagnait 4 E par jour, pour douze heures de travail. Ilie Pruteanu, 26 ans, a donc décidé, avec sa compagne Viorica, 25 ans, de prendre le chemin de l'exil, avec l'argent qu'il avait économisé, au départ, pour construire sa maison.
C'était en 2007. « Nous connaissions des familles qui étaient arrivées à Lille, nous avons suivi », raconte Viorica dans un très beau français appris dans les cours d'alphabétisation du centre social Mosaïque, à Fives. Cette jeune femme, bientôt maman d'un troisième enfant, vivait il y a encore cinq mois dans les bidonvilles de la métropole. « La caravane, pas de douches, pas de toilette... ». Du coup « le petit n'allait pas à l'école, il ne pouvait pas changer de vêtements... ».
Depuis le 16février, depuis qu'ils ont emménagé dans un bungalow du village d'insertion de Fives, le couple et les enfants sont entrés dans une autre vie. Ils accueillent leurs visiteurs autour d'une tasse de café dans un salon lumineux pendant que la petite joue dans sa chambre.


Électricité, eau chaude... Lorsque Stéphanie Lecuyer, de l'Afeji, est venue leur dire qu'ils faisaient partie des familles à bénéficier du programme, dire qu'ils étaient heureux est un euphémisme. « C'était comme un don de Dieu », lâche Ilie. Depuis cinq mois, la famille Pruteanu est comme en convalescence de ces hivers passés dans le dénuement. Viorica, qui affiche un sourire quasi serein, raconte des journées passées entre les courses, les enfants et l'entretien du petit bungalow. Ilie, lui, entre deux cours de français, tente de trouver du travail. Avec sa formation de charpentier et alors que le secteur du BTP crie famine en terme de main d'oeuvre, il butte cependant sur un obstacle majeur : la taxe de près de 900E imposée aux employeurs éventuels. « Un patron était prêt à me prendre, à Roubaix, mais quand il a su que j'étais Roumain, il a refusé... » , enrage Ilie. Quand on lui demande à quoi il rêve, il répond : « trouver un travail, avoir une vraie maison...
devenir des Français normaux ! » Une insertion dont la famille semble avoir pris le chemin, parce qu'on leur en a laissé la possibilité.


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