Les candidats entrevoient « un léger frémissement » pour dimanche
Publié le mercredi 03 juin 2009 à 06h00
Donnée en hausse dans les sondages, la formation qui regroupe le PCF, le Parti de Gauche et des transfuges de l'ex-LCR veut croire en ses possibilités d'attirer vers elle le vote contestataire.
Et parle déjà d'avenir...
« La mayonnaise prend. Il nous manquerait juste deux ou trois semaines de campagne... ».
Éric Corbeaux, 1er secrétaire de la fédération du Nord du PCF à beau se dire « ni optimiste, ni pessimiste », il y avait du sourire, presque de la foi, dans les propos de chacun des intervenants à la tribune. Pareil parmi la cinquantaine de personnes qui avaient fait le déplacement à Hellemmes pour assister à l'une des dernières réunions publiques du Front de Gauche avant le scrutin de dimanche.
Il faut dire que depuis quelques jours, les sondages sont plutôt favorables à la formation qui réunit d'anciens nonistes du PS, les communistes et des ex-LCR goûtant peu le cavalier seul d'Olivier Besancenot. Du coup, dans la dernière ligne droite, le Front de Gauche veut enfoncer le clou en montrant que dans la grande lessive européenne, c'est bien lui qui lave plus rouge que rouge. « Voter pour le Front de Gauche, c'est élire des eurodéputés qui ne vont pas mêler leurs voix à la droite. C'est le seul vote sans ambiguïté », martèle l'ancien socialiste Laurent Matejko, 11 e sur la liste emmenée par le sortant Jacky Hénin, qui cite par exemple « le paquet énergie qui prévoit la libéralisation du marché de l'électricité où droite et gauche ont voté ensemble ». Sans oublier « que les sociaux-démocrates allemands ont dit qu'ils n'ont pas l'intention de présenter de candidats contre Barroso ».
Le PS, tenant d'un « social-libéralisme qui nous enferme dans le traité de Lisbonne qui réaffirme la liberté totale de la circulation des capitaux », n'est décidément pas une alternative aux yeux du Front de Gauche. Pas plus que le NPA « pris dans un isolement suicidaire et qui de toute façon a annoncé qu'il siégerait avec nous à Strasbourg ! », croit savoir la sénatrice communiste Michelle Demessine, dernière sur la liste. Au passage, celle-ci pointe « l'échec du libéralisme qui met en concurrence les travailleurs sans harmonisation sociale ni fiscale ». On l'aurait presque oublié, l'ennemi politique n°1 du Front de Gauche habite à l'Élysée, pas rue de Solférino...
D'ici dimanche, sachant trop bien que c'est dans les classes populaires que le risque d'abstention est le plus fort, les colistiers entendent mobiliser inlassablement pour parvenir au meilleur résultat, et garantir au minimum la réélection de Jacky Hénin, l'ancien maire de Calais. Car pour les parties prenantes de cet attelage qui conduit à gauche toute, il y a déjà un après Europe, où ils entendent continuer à jouer leur rôle de « chien de garde ». Le résultat, pour eux, conditionne l'avenir : un score satisfaisant jetterait les bases d'une alliance durable, un échec entretiendrait la division à gauche du PS de manière tout aussi durable.
SÉBASTIEN LEROY


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