JUSTICE Un Dunkerquois de 59 ans pratiquait des circoncisions sans diplôme médical
Publié le mercredi 27 mai 2009 à 06h00
Deux procédures judiciaires distinctes ont été ouvertes en France et en Belgique contre un Dunkerquois de 59 ans qui aurait pratiqué des circoncisions sur de jeunes enfants sans aucune qualification médicale.
En juin 2008, à Courtrai, un bébé de trois mois a bien failli succomber à une circoncision pratiquée en dehors de tout cadre médical, comme cela se fait parfois. Le garçonnet a été opéré à même la table de la salle à manger, au domicile familial. Victime d'une hémorragie, le bébé a été sauvé par l'hôpital de Courtrai, qui a effectué un signalement au parquet. Un juge d'instruction, saisi pour exercice illégal de la médecine et violences volontaires sur mineur de moins de quinze ans, a lancé une commission rogatoire internationale afin d'entendre un Dunkerquois de 59 ans, soupçonné de s'être livré à cette opération clandestine sans aucun titre médical. Les policiers belges ont pu l'auditionner chez lui, lundi. Les investigations se poursuivent outre-Quiévrain, notamment pour vérifier si d'autres cas existent.
L'homme fait en tout cas l'objet d'une autre enquête ouverte à Dunkerque. Un enfant domicilié à Saint-Pol-sur-Mer avait dû être hospitalisé à Lille, début mai, pour des complications là aussi consécutives à une circoncision mal pratiquée.
Le 18 mai dernier, l'homme a été placé en garde à vue au commissariat de Dunkerque, où il a reconnu avoir pratiqué cette circoncision. « Il a avoué sans difficulté en avoir pratiqué à de multiples reprises, pour rendre service et, semble-t-il, sans être rémunéré », confie le procureur de la République de Dunkerque, Philippe Müller. En l'absence de plainte des parents, et dans une affaire qu'il juge « délicate en raison de ses implications culturelles », le procureur s'orienterait « plutôt » vers un classement sans suite.
Cette pratique traditionnelle est en tout cas condamnée par le recteur de la mosquée de Lille-sud, Amar Lasfar, qui assure que la plupart des musulmans choisissent désormais de passer par une clinique. « L'intervention chirurgicale coûte en moyenne 600 E, qui ne sont pas remboursés, ce qui pousse certains à éviter l'hôpital, précise M. Lasfar. Mais on ne peut pas mettre en danger la vie des enfants, c'est pourquoi nous déconseillons vivement ces pratiques. »
B.R.





