Les salariés s'effondrent, les actions grimpent
Publié le samedi 23 mai 2009 à 06h00
Alors que les 508 salariés de l'usine d'Auchel sont aujourd'hui promis à un avenir plus qu'incertain, le groupe Faurecia, de son côté, se félicite du succès de sa récente augmentation de capital...
CÉLINE DEBETTE > artois@nordeclair.fr
Le groupe Faurecia, producteur d'équipements automobiles, annonçait hier, via un communiqué de presse, le succès de son augmentation de capital, lancée le 30 avril dernier, par émission de plus de 65 millions de nouvelles actions. Une opération plus que réussie puisqu'elle a même enregistré une sursouscription, c'est-à-dire qu'il y a eu plus de demandes des actionnaires que d'actions offertes. L'objectif d'une telle opération ?
« Cette augmentation de capital permet un apport de liquidités (ou "d'argent frais") utiles aux dépenses de grandes sociétés comme la nôtre », précise Olivier Le Friec. Le responsable des relations presse du groupe tire deux conclusions de cette réussite : « Peugeot SA n'a pas eu à augmenter sa part dans notre capital, ni même à mettre en jeu sa souscription. Par ailleurs, la sursouscription prouve l'intérêt toujours grand des actionnaires malgré la situation économique actuelle. » Voilà qui devrait faire une belle jambe aux 508 salariés de l'usine Faurecia d'Auchel ! Pour rappel, ces derniers ont appris en mars dernier la décision du groupe de fermer leur site en raison « d'un déficit structurel d'activité et de l'absence de perspectives économiquement viables ».
Pourtant, à l'époque, les conclusions de l'expert-comptable classaient l'usine parmi les plus rentables du groupe.
Au terme de deux mois de grève et d'âpres négociations, les syndicats sont finalement parvenus à trouver un terrain d'entente avec la direction. Selon les termes de l'accord signé jeudi 14 mai, 172 personnes seront mutées à Marles-les-Mines avec une prime de 15 000 euros chacune et 157 à Hénin-Beaumont avec 35 000 euros. Par ailleurs, la direction s'est engagée à maintenir 90 emplois sur le site d'Auchel et à en créer 80 autres à Auchel également, mais « hors Faurecia ». Alors que les salariés s'interrogent avec inquiétude sur leur avenir, cette annonce du groupe semble faire tache d'huile. « Nous sommes dans la vie de l'entreprise et de l'action. Faurecia doit s'assurer du financement de son capital. Cela n'a aucun rapport direct avec l'actualité sociale du groupe », rétorque Olivier Le Friec.





