Travail du dimanche : la polémique rebondit
Publié le mardi 28 avril 2009 à 06h00
À quelques jours des manifs du 1er mai, le gouvernement a jeté un vieux pavé dans une mare de déjà-vu : la proposition de loi sur le travail du dimanche. Une mesure qui divise toujours les députés de la région.
NICOLAS CAMIER > nicolas.camier@nordeclair.fr
Certains croyaient le projet mort et enterré lorsqu'en décembre, face à l'obstruction des députés socialistes et la division de la majorité, la proposition de loi du député UMP Richard Mallié avait été retirée. Que nenni. Le gouvernement revient aujourd'hui à la charge avec une nouvelle mouture qu'il souhaite faire adopter par le Parlement au mois de juillet. Vous reprendrez bien un peu de polémique ?
En ce qui concerne les députés de la région, la ligne de partage reste inchangée. Pour l'UMP Thierry Lazaro, la mesure pourrait être un « levier de croissance » utile en cette période de disette économique, précisant qu'« il ne s'agit pas de revenir sur le principe élémentaire du repos dominical en vigueur depuis 1906. » Même ton rassurant chez Marc-Philippe Daubresse : « les périmètres soumis à dérogation seront encadrés par les préfets et limités aux zones touristiques ainsi qu'aux grandes agglomérations. Et ils ne concerneront pas le commerce alimentaire, soit la majorité des grandes surfaces ». Le député-maire de Lambersart ajoute même que la loi serait « plus protectrice » qu'à l'heure actuelle avec l'inscription d'un « droit de refus et des contreparties financières. »
« Une loi inutile
et dangereuse »
Un argument balayé par Yves Durand, député-maire de Lomme, qui fustige une loi « inutile et dangereuse » : « avec la menace persistante d'un chômage élevé, les salariés auront du mal à tenir tête à leur patron. » Pour l'élu PS, « ceux qui ont des difficultés à boucler les fins de mois n'achèteront pas plus le dimanche qu'un autre jour. » Discours similaire chez Dominique Baert, élu Wattrelosien, pour qui « le problème n'est pas d'augmenter le temps de travail de ceux qui bossent mais de créer des emplois pour ceux qui n'en ont pas. » Autre élément qui fait grincer les dents socialistes, le texte sera voté en juillet, réduisant le temps de la négociation à la portion congrue, et après la modification du règlement de l'assemblée qui supprimera la possibilité pour l'opposition de bloquer un texte par le dépôt de milliers d'amendements.
Francis Vercamer, député-maire de Hem, rappelle pour sa part que « des centaines de dérogations existent déjà dans les domaines de la santé, la presse, la sécurité... » Selon l'élu Nouveau centre, l'autorisation de travailler le dimanche serait une aubaine dans notre région transfontalière : « il est hallucinant de voir le centre-ville d'Halluin mort le dimanche alors qu'il y a plein de monde à deux pas de là, à Menin. » Encore faut-il que les commerçants s'y retrouvent. Or pour Claude Sohet, président de la fédération lilloise du commerce, cette mesure « ne reflète pas une volonté du petit commerce. » Ce boulanger, qui travaille le dimanche, plaide au contraire pour que ce jour soit « un temps de loisir et de partage en famille ». Verdict définitif sur les bancs de l'Assemblée.





