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DRAME DE DOUCHY-LES-MINES

Tout ça pour une place de parking...

Le procureur de la République de Valenciennes, Vincent Lesclous, hier après-midi, lors de sa conférence de presse. Le procureur de la République de Valenciennes, Vincent Lesclous, hier après-midi, lors de sa conférence de presse.

Ahmed Assous, le forcené arrêté lundi soir par le GIPN, a pu être entendu par les enquêteurs de la police judiciaire de Lille. À l'origine de la mort de deux jeunes parents d'un nouveau-né : une histoire de place de stationnement.



Dans son petit coron du bout de l'ex-cité minière, la dame semble encore hébétée. C'est elle, la tante, c'est à elle que Xavier Dubray, 24 ans, et Audrey Verpoorte, 19 ans, venaient rendre visite en ce lundi de Pâques. Le jeune couple nageait dans le bonheur : il venait d'emménager à Quiévrechain, à l'est de Valenciennes. Et surtout, il venait d'être parents d'un petit Cyprien. À 17 jours seulement, le bébé se retrouve orphelin. Pour une histoire de bout de trottoir et de pneu crevé...
En allant chercher le biberon
C'est en tout cas ce qui ressort des différents témoignages et de l'audition du suspect par les enquêteurs de la PJ de Lille. « Selon les versions, il y aurait eu une ou deux altercations », relate Vincent Lesclous, le procureur de la République de Valenciennes. La première, contestée par le suspect, aurait eu lieu quand le couple est arrivé. Il est environ 16 h 30 et sur l'ancienne route nationale qui relie Valenciennes à Cambrai, près du hameau, les places sont rares. Le couple se gare juste devant la maison d'Ahmed Assous, retraité de 62 ans. L'homme serait sorti de chez lui et aurait eu des mots avec les deux jeunes. Il le nie et les policiers se montrent très prudents sur ce point.


La suite, une demi-heure plus tard, est hélas un peu plus simple. « Xavier et Audrey sont partis chercher un biberon à la voiture », raconte leur tante. Ils découvrent qu'on leur a crevé un pneu. Pour eux, pas de doute, c'est un coup d'Ahmed Assous. Ils frappent à sa porte pour lui demander des comptes.
Y a-t-il un début de discussion ? Là encore, il est trop tôt pour avoir des certitudes. « Lui affirme qu'il a eu peur parce qu'on tambourinait à la porte, donc il a pris son fusil, rapporte Vincent Lesclous. Ensuite, il dit qu'il a eu peur que Xavier Dubray lui prenne son arme et que là, le coup est parti. Puis, comme il a entendu un hurlement, il aurait tiré une deuxième fois sans regarder. » Là encore, l'enquête permettra de vérifier si la thèse du suspect est crédible - une autopsie doit être pratiquée et une expertise psychiatrique a été demandée.
Ce qui est sûr, c'est que Xavier Dubray a été touché dans la région du coeur et qu'Audrey Verpoorte a reçu la balle dans la tête. Une balle de Winchester 30-30, « une arme de western », commente le procureur de Valenciennes. Déclarée en préfecture, la carabine a été retrouvée, tout comme une 22 Long Rifle, chez Ahmed Assous. Des armes qui lui servaient « à chasser les nuisibles sur son terrain » où il élevait des moutons.
Ce qui est sûr aussi, c'est l'alcoolisation avancée du suspect : 1,76 gramme d'alcool par litre de sang selon le Parquet. Ahmed Assous, chauffeur routier retraité de 62 ans, a très mal vécu son divorce il y a trois ans et a soigné son chagrin dans la bouteille. Il vivait seul dans la maison rachetée par son fils et avait peu d'amis dans le voisinage.
Un homme à bout ?

On trouve peu de gens pour le défendre dans ce hameau, sauf peut-être ce voisin : « Je n'excuse pas son geste mais je peux comprendre qu'il était à bout avec ces jeunes qui mettent la musique à fond, stationnent devant les entrées de garage, urinent sur les portes... » Tout un contexte que le suspect n'aurait néanmoins pas mis en avant pour expliquer son geste.
Ahmed Assous doit être présenté à un juge d'instruction aujourd'hui à l'issue de sa garde à vue. Il devrait être mis en examen pour assassinat. Le juge pourra alors explorer ce fameux contexte et les relations entre les protagonistes qui, selon la tante des victimes, ne se connaissaient pas. « Le temps de la justice et le temps des médias ne sont pas les mêmes », aime à répéter Vincent Lesclous. Une longue instruction commence.


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