« Big Brother est derrière nous, alors autant le savoir et agir en conséquence »
Publié le jeudi 02 avril 2009 à 06h00
Éric Delcroix est un blogueur actif, directeur d'un master sur les métiers du web à Lille 3, et coauteur de « Facebook, on s'y retrouve ».
Pour lui, avoir une présence sur le web est incontournable. À condition de savoir s'y prendre.
Faut-il se méfier des traces qu'on laisse sur le net ?
>> On parle beaucoup de photos indécentes que les jeunes mettent sur Facebook. Mais ce sont des histoires de vieux cons. Chaque jeunesse fait ses propres bêtises. Je vois deux avantages aux réseaux sociaux : 1/ les gens sont enfin obligés d'assumer ce qu'ils font ou pensent. 2/ dans la vie courante, on ne connaît jamais l'origine des ragots qui courent sur nous. Sur le net on la retrouve et ça permet de régler ses comptes. Via un système d'alerte assez simple, on peut être averti dès que quelqu'un écrit votre nom quelque part. Le problème n'est pas vraiment l'outil mais son utilisation. Et là, il y a de vraies lacunes en terme d'éducation. Les gens ne se rendent pas compte que le petit commentaire écrit sur un obscur forum est gravé dans la toile pendant des années. Comme ce type qui écrit qu'il veut tuer Morandini et s'excuse après, en disant qu'il ne savait pas que ça serait lu. Et puis il y a un problème de connaissance des règles. Encore récemment, un prof a expliqué à ma fille que ça ne posait pas de problème de prendre des photos sur le net pour illustrer un exposé. Et le copyright ?
Que dire de la réutilisation de données privées à des fins commerciales ou de fichage ?
>> C'était la même polémique avec Google au début des années 2000. Facebook n'arrive que 3e en terme de données conservées, derrière Google et Yahoo. À partir du moment où on sait qu'il y a un danger, il ne faut pas mettre tous ses oeufs dans le même panier. Je n'utilise pas Google Doc (traitement de texte en ligne, ndlr) pour tout ce que j'écris. Sur Facebook, rien n'oblige à renseigner les champs religion ou opinion politique. De manière générale, Il faut utiliser Internet en se disant qu'à tout moment un accident peut rendre public l'ensemble de mes données.
À l'avenir, sera-t-on obligé d'avoir une identité numérique ?
>> Mon avis est qu'il faut s'inscrire sur les sites sociaux et se créer une identité plutôt que de laisser les autres parler sur vous ou utiliser votre patronyme. Même si on n'a pas une grande utilité de ces réseaux, il s'agit d'occuper la place. Bientôt, il sera impossible d'utiliser Internet sans avoir d'identité en ligne : des sites comme Facebook vont devenir les systèmes d'exploitation du net. Ce seront les portes d'entrée.
Que pensez-vous du « personal branding » ?
>> Pour une entreprise, c'est normal d'assurer sa visibilité sur la toile, de faire de la veille. Pour les particuliers, je trouve ça scandaleux : faire croire qu'on va trouver du boulot avec une belle identité, c'est pipeau. Surtout si on est mécanicien. Je crois que c'est un épiphénomène qui va se résorber quand les gens auront une vraie maîtrise de l'outil web. Et c'est par les enfants que cette connaissance va remonter.


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citospopulos : Pour ma part je pense qu'l y a toujours des personnes...
citospopulos : oui pour une nouvelle forme de police de proximité...
jeanjean59 : message pour Claire : Bravo pour votre "enfarinage"...