Le public découvre Euratechnologies
Publié le dimanche 29 mars 2009 à 06h00
Hier, le pôle d'excellence en technologies de l'information et de la communication ouvrait ses portes aux Lillois et aux métropolitains, venus nombreux pour découvrir le nouveau visage de l'ancienne usine Leblan-Lafont.
MARINE PRADEL > lille@nordeclair.fr
À onze heures, plus de mille personnes avaient déjà visité le site d'Euratechnologies situé dans le quartier de Bois-Blancs.
Trois à cinq mille personnes étaient attendus en tout dans la journée. Un franc succès. Les organisateurs sont même un peu dépassés par tout ce monde qui veut tout voir, et surtout la vue du haut du « donjon », cette tour qui surplombe l'ancienne usine. Il faut dire que le panorama est royal. On peut regarder aller et venir la navette fluviale Transpole, qui fait la liaison avec le Champ de Mars, et qui ne désemplit pas depuis le début de la journée.
« Étagère intelligente »
Et puis il y a le showroom, sorte de laboratoire où l'on entre au compte-gouttes et où on peut voir des trouvailles technologiques étonnantes : un tapis virtuel grâce auquel on peut marcher sur l'eau, une table surface tactile, une application informatique appelée « réalité augmentée », ou encore l'étagère intelligente, qui fonctionne avec des puces RFID et qui devrait être utilisée dans les supermarchés. Des puces électroniques sur votre paquet de pâtes pour vous permettre d'avoir des informations sur le produit. Rien que ça.
1 400 emplois d'ici septembre
Mais si ça se bouscule au portillon, c'est aussi parce que le site n'est pas un musée, mais bien un lieu de travail. Pas de guide, de vestiaire ou de restaurant. D'ici septembre, 1 400 personnes travailleront à Euratechnologies, de 85 entreprises différentes. Une bonne partie d'entre elles sont déjà installées.
HEI, école d'ingénieur basée à Lille a choisi de déplacer sa cellule informatique sur le site. 150 élèves ingénieurs sont attendus. Pierre de Saintignon, premier adjoint au maire et vice-président du Conseil régional, parle de « favoriser la proximité des étudiants et de leurs futurs employeurs, développer des projets écoles-entreprises et développer les partenariats dans des projets de recherche ». Au côté professionnel s'ajoute donc un aspect recherche et développement.
Les riverains au rendez-vous
Chez les visiteurs, beaucoup de riverains. Tous ont vécu avec la friche industrielle de l'ancienne filature. Ils ont maintenant envie de voir en quoi s'est transformé ce monument de briques. Ils le disent, ils sont ravis de cette reconversion, ravis surtout que l'usine n'ait pas été démolie. Pour Géraldine, 41 ans, habitante du quartier, « on est en plein futur. Le passé revit grâce au futur. C'est très bien qu'on ait gardé la mémoire des pierres. » Car cette usine représente un héritage, un patrimoine. 4 000 ouvriers y travaillaient dans les années 1960 et l'usine assurait à elle seule 3 % de la production française de fils. Un beau pied de nez au destin, les habitants du quartier de Bois Blanc voient aujourd'hui arriver les entreprises de pointe de France et de l'étranger dans un endroit qu'on disait mort. Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme.


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