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Douai : le tram qui rame

Publié le 26/03/2009 à 00h00

Il devait être lancé en 2008 mais ce tramway vanté pour sa modernité accumule les retards alors que la voirie, elle, est terminée depuis... un an et demi. Roulera-t-il, enfin, en 2010 ?

Douai : le tram qui rame
Il devait être lancé en 2008 mais ce tramway vanté pour sa modernité accumule les retards alors que la voirie, elle, est terminée depuis... un an et demi. Roulera-t-il, enfin, en 2010 ?


FLORENCE TRAULLÉ > florence.traulle@nordeclair.fr
Dans le Douaisis, certains en font des gorges chaudes, ce qui a le don d'exaspérer au plus haut point Jacques Vernier, le maire de Douai.
Officiellement, en rangs serrés et tous partis confondus ou quasi, les élus de l'agglomération défendent le tramway choisi et qui se fait attendre.


« Le choix du syndicat mixte des transports du Douaisis s'est porté sur un matériel particulièrement novateur, déjà en circulation à Eindhoven (aux Pays-Bas) », nous expliquait-on en 2005. Dans la foulée de l'adoption de son plan de déplacement urbain en 2004, Douai avait fait le choix de se doter d'un tramway, renouant avec une ancienne tradition, disparue il y a quelque 55 ans. L'option choisie : un tramway sans rail, sur pneus, avec un système de guidage magnétique à l'aide d'aimants fixés dans la chaussée.

« Une situation abracadabrante »
Autre particularité : un moteur hybride, à la fois thermique et électrique. Bref, rien que du très moderne et la mise en service annoncée d'abord pour 2007, puis pour juin 2008, d'une ligne longue de 12 kilomètres entre Guesnain et Douai, via Dechy, Sin-le-Noble et Douai-Centre. En ville, les équipements de voirie sont prêts depuis... un an et demi maintenant mais l'arrivée du tramway va de report en report. On parle désormais d'un lancement pour la fin 2009, voire pour 2010. « Une situation abracadabrante », reconnaît Jacques Vernier, toujours convaincu pourtant qu'Evéole (c'est le nom du futur tramway) était le juste choix.
C'est que le dossier est plus complexe que ne l'espéraient les décideurs du Douaisis. Ont-ils eu les yeux techniquement plus gros que le ventre en optant pour cette technique ? À Eindhoven, aux Pays-Bas, le tramway, baptisé Philéas, qui roule sur le même principe technique que celui promis à Douai a enchaîné les problèmes, jusqu'à s'arrêter de circuler carrément pendant près d'un an. De fait, il ne fonctionne plus que comme un simple bus qui, cerise sur le gâteau, tomberait régulièrement en panne. Et les soucis ne datent pas d'hier. Dès 2004, le Philéas a connu des galères. LA référence du tramway douaisien a du plomb dans l'aile.

« C'est lent... »
Faut-il y voir une seule explication aux retards à répétition qui plombent l'arrivée de son homologue douaisien ? À Douai, on réfute tout mauvais choix technique, parlant d'exagération quand les avatars du Philéas néerlandais sont évoqués. « Et techniquement, le tramway de Douai sera beaucoup plus avancé », assure Alain Cherbuis, chargé de la communication au syndicat des transports du Douaisis. Le problème, ce serait juste l'homologation finale par le ministère des Transports. Rien que pour le dossier préliminaire, il a fallu deux ans et demi d'instruction.
Au Syndicat mixte des transports du Douaisis, on concède à mi-mot que les équipes techniques maison ont peut-être été sous-dimensionnées pour le montage d'un tel dossier. Mais officiellement, c'est du côté du ministère qu'il faut trouver les responsabilités puisqu'il faut valider le dossier sur trois technologies qui se cumulent : une ferrée, une classique routière et la troisième qui découle du guidage magnétique et qui s'inspire des techniques aéronautiques. « On nous avait laissé entendre : "Faites votre voiture pour le tram et on verra". Mais c'est lent... » ajoute Alain Cherbuis.

133,21 millions d'euros
Le planning initial prévoyait, en 2010-2012, l'extension de la première ligne jusqu'à Aniche, la création d'une deuxième ligne entre Douai-Centre et l'hôpital et même d'une troisième entre Douai et Frais-Marais via Waziers. Pour l'instant, à Douai, on ne voit plus si loin. On serait déjà bien content de voir la première ligne enfin fonctionner. Son budget total est, tout de même, de 133,21 millions d'euros.

Nord Éclair