Marie-Christine Blandin : « Comme si on ne voulait pas la vérité »
Publié le lundi 23 mars 2009 à 06h00
Un colloque réunit aujourd'hui au Sénat des associatifs, experts et sénateurs sur « le nouvel enjeu sanitaire » lié aux effets des technologies sans fil. La sénatrice nordiste Marie-Christine Blandin en est l'une des initiatrices.
Pourquoi ce colloque ?
>> Nous pensons que l'hypersensibilité aux ondes est une pathologie et qu'elle doit être reconnue comme telle. On doit reconnaître ce handicap pour le protéger. Deuxièmement, les études menées par les opérateurs de téléphonie disent qu'il n'y a pas de problème. Or les assureurs ne veulent pas couvrir d'éventuels risques sanitaires liés aux ondes. L'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) s'est vue confier une étude officielle. Après examen par l'Inspection générale de l'environnement et l'Inspection générale des affaires sociales, cette étude n'a pas été déclarée recevable. L'Afsset a été mandatée pour en effectuer une autre. Nous avions invité l'Afsset au colloque.
On nous a répondu qu'il n'y aurait personne, en raison du devoir de réserve de l'Agence. C'est dommage. (...) Nous ne demandons pas une étude de toxicité mais une étude épidémiologique. Cela suppose qu'on étudie la santé de personnes avant installation d'antennes relais, puis sur la durée. Cela n'existe pas encore. C'est comme si on ne voulait pas savoir la vérité.
Quels sont les dangers connus ?
>> Utiliser un appareil dilate la membrane située entre le crâne et le cerveau, la barrière hémato-encéphalique. Quant aux présomptions de tumeurs, on ne dispose pas d'étude épidémiologique. Un rapport européen fait état d'un faisceau convergent de soupçons. C'est pour cela qu'on parle de maîtrise du risque et pas de maîtrise du danger.
La cour d'appel de Versailles a ordonné le démontage d'une antenne-relais de Bouygues Telecom près de Lyon, le 4 février. Y aura-t-il une jurisprudence ?
>> Évidemment. Cela donne une référence pour d'autres juges en France. Cela obligera aussi le gouvernement et les opérateurs à se bouger. Mais il n'est pas forcément bon que la Justice soit obligée de rendre les arbitrages. C'est déjà compliqué...
De nombreux relais sont implantés sur des logements sociaux. C'est un problème ?
>> Il ne faudrait pas ajouter à la détresse sociale une pénalité sanitaire.
La demande de téléphones portables est toujours là, avec des flux plus importants, liés à la vidéo notamment. Comment concilier précaution sanitaire et équipement satisfaisant ?
>> C'est toute la question. On peut imaginer la mutualisation des antennes-relais. (...) Il faut aussi suivre certaines recommandations : utiliser l'oreillette filaire, ne pas utiliser son téléphone dans un endroit fermé...
PROPOS RECUEILLIS PAR MATHIEU HÉBERT


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