Trop de bureaux ?
Publié le jeudi 12 février 2009 à 06h00
La métropole lilloise est devenue le troisième marché immobilier de bureaux en France et vient de connaître deux années fastes.
Avec la crise, les investisseurs seront-ils toujours intéressés par les nombreux programmes immobiliers ? Les bureaux trouveront-ils preneurs ?
MATHIEU HÉBERT > mathieu.hebert@nordeclair.fr
Y a-t-il trop de bureaux à vendre ou à louer dans la métropole lilloise ?
Le marché de l'immobilier tertiaire de l'agglomération est devenu le troisième de France. Les surfaces se comptent en milliers de mètres carrés. Pour la sixième année consécutive, le marché dépasse les 150 000 m² commercialisés. malgré un léger repli de l'activité (-12 %), 2008 fait partie des trois meilleures années du marché, selon l'observatoire des bureaux de la Chambre de commerce et d'industrie de Lille métropole (OBM).
Quant au « stock » disponible à un an, il est de 275 000 m², selon Benoît Tirot, directeur général du cabinet Arthur Loyd, un des acteurs majeurs de la métropole. Euralille, Eurasanté, Haute-Borne, Grands Boulevards, Roubaix et sa zone franche, l'agglomération compte de nombreuses zones d'activités tertiaires. En quelques années, « on est passé d'un marché en sous-offre à la sur-offre, observe Benoît Tirot. Comme les entreprises sont attirées en priorité par le neuf, il y a un vrai risque pour les immeubles de deuxième main. C'est une situation un peu délicate » .
Le contexte de crise pèse aussi. Les investisseurs retardent leurs projets. « Il est probable que ce début d'année soit marqué par une sensible dégradation du volume des transactions », estime Hugues Laffineur, de Tostain et Laffineur à Villeneuve d'Ascq.
Projets retardés, légère sur-offre du marché, crise économique... Tous les bureaux trouveront-ils preneurs ? « Tout ne va pas s'écrouler » , remarque Benoît Tirot. Le marché des petites surfaces (inférieures à 500 m², pour les PME-PMI), soit la moitié des volumes commercialisés, « se maintient ». De plus, la fusion de plusieurs structures publiques (ANPE-Assedic, Drire-Diren...) « portera la dynamique » . Quant au privé, il y « aura encore de l'activité ». « Dans le top ten des transactions sont concernées la banque et l'assurance, la distribution, etc... », note André Bartozak, de l'OBM. « Pour l'heure, c'est plutôt l'industrie qui paie les effets de la crise », note Benoît Tirot. « Il existe encore des investisseurs pour faire des choses » .
Où vont les investisseurs ?Lille centre, parcs d'activités, zones franches... L'offre immobilière est variée et les prix restent stables. Un bon point pour les investisseurs. Quels sont les secteurs géographiques qui intéressent ? Selon les chiffres de l'observatoire des bureaux de la métropole (OBM) entre 2004 et 2008, Lille (hors Euralille) concentrait 25 % de la demande, Villeneuve d'Ascq et ses grands axes 22 %, les grands boulevards 21 %, Roubaix-Tourcoing 12 % et Euralille 11 %. Mais en 2008, Roubaix-Tourcoing, « qui avait toujours été un petit marché tertiaire », note André Bartoszak, de l'OBM, a séduit plus d'acteurs (23 % de la demande placée). « Ceux qui investiront ici seront des investisseurs avisés » , plaisante Vincent Martin, directeur régional associé du cabinet Atisreal, faisant allusion aux projets de la communauté urbaine et des villes : reconquêtes de friches, aménagement du centre de Tourcoing... D'autres projets verront le jour ailleurs dans la métropole, notamment à Euralille, où vient d'investir le Belge Besix, et sur la Haute-Borne à Villeneuve d'Ascq. Fin 2009, 130 000 m² de bureaux neufs devraient avoir vu le jour. M.H.


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