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Quelles cérémonies des voeux en temps de crise ?

Les villes ont-elles décidé de limiter le budget des voeux en raison de la crise ? En mairie de Lille où Martine Aubry présentait ses voeux lundi soir (en haut), on indique ne pas avoir vraiment prévu de toucher à ces frais-là d'une quelconque manière mai Les villes ont-elles décidé de limiter le budget des voeux en raison de la crise ? En mairie de Lille où Martine Aubry présentait ses voeux lundi soir (en haut), on indique ne pas avoir vraiment prévu de toucher à ces frais-là d'une quelconque manière mai

Les cérémonies de voeux dans les communes ? Faut-il les maintenir en temps de crise ? Les élus y sont très attachés, quitte à réduire (un peu) la voilure, et à remplacer le champagne par du mousseux.



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Pas de cérémonie de voeux cette année à Hénin-Beaumont, le maire socialiste, Gérard Dalongeville, l'a annoncé vendredi.
« Nous nous engageons dans un plan d'économie », dit l'édile. « Alors qu'on parle de la crise partout, ce serait indécent, » ajoute-t-il. En l'occurrence, la crise a bon dos, à moins qu'il ne s'agisse de la crise qui frappe les finances de la ville : celles-ci ont fait l'objet de rapports accablants de la chambre régionale des comptes. Un contexte très particulier qui en avait conduit certains, comme Pierre Ferrari, responsable des jeunes socialistes d'Hénin-Beaumont, à réclamer l'annulation de la cérémonie.



280 000 euros les voeux
Au-delà de ce cas très particulier, la question se pose : en ces temps de crise où l'on se serre la ceinture, les collectivités doivent-elles sortir champagne et petits fours ? Tout le monde n'est pas d'accord... À Tourcoing, 40 000 E sont consacrés aux voeux à la population lors d'une soirée spectacle au Fresnoy. « Pas plus, pas moins que l'an dernier, assure le maire, Michel-François Delannoy. À Villeneuve d'Ascq, Gérard Caudron assure avoir pris la décision « avant la crise » de rapatrier à l'hôtel de ville les voeux au personnel et aux corps constitués.
« Sans spectacle ni buffet, avec un verre à boire et des petits gâteaux ». Deux cérémonies pour un budget que le maire estime à 15 000 euros cette année « contre 20 000 euros l'an dernier ». Une économie minime pour un maire qui a voulu que les voeux « redeviennent plus simples. On ne peut pas avoir des gens crevant de faim dans la rue et des élites qui en rajoutent. Il faut retrouver le sens de la modestie ».
Au conseil général du Nord, pas question de renoncer à la fête. « Dans une société en crise, les hommes et les femmes ont besoin de repères et les voeux en font partie », affirme le président Bernard Derosier. Ses services dépensent 280 000 euros pour la bonne année aux 8 600 agents (réception et cadeaux au personnel), à quoi s'ajoutent 8 300 E correspondant à la moitié du budget de la cérémonie organisée en commun avec la préfecture à destination des personnalités de la région. Et les voeux à la presse ? Le coût serait indolore, car tout se fait en interne. Ces dépenses ne font pas sourciller Bernard Derosier : « Nous avons un budget de 3 milliards d'euros et si on cumule toutes les politiques du Département en direction des personnes en difficulté, on est évidemment bien loin des 280 000 E dépensés pour les voeux au personnel. Les élus qui disent baisser leur budget, c'est du cinéma ».C'est aussi ce que pense le député-maire de Hem, Francis Vercamer : « Dire cela, c'est de la poudre aux yeux car sur l'ensemble d'un budget, les voeux ne coûtent pas grand-chose ». Autour de 4 000 euros pour les voeux aux associations à Hem.

« On reçoit sans folie »
La polémique semble agacer certains. « Je maintiens les cérémonies. Ce n'est pas parce que c'est la crise que ce doit être celle des voeux », note Jean-Marie Vanlerenberghe, le maire d'Arras. « On reçoit sans faire de folie et on consacre entre 3 et 4 E par invité », ajoute le directeur de cabinet. Soit un budget de 5 000 E. À Béthune, la facture de la cérémonie des voeux aux personnalités n'excède pas 3 000 E. Quant à la réception pour le personnel municipal, son coût est dérisoire. « Mon prédécesseur, Jacques Mellick, avait annulé les voeux. Je trouve ça démago. On peut réduire la voilure, et conserver ce moment privilégié. Le tout c'est de le faire dans la sobriété », insiste Stéphane Saint-André, le maire de Béthune.
Voilure réduite aussi à Maubeuge. « On a divisé le budget des voeux aux habitants par deux de 12 000 à 6 000 E, affirme Olivier Lecocq, le directeur de cabinet du maire socialiste Rémi Pauvros. Nous avions des problèmes financiers dûs à la crise et à la tornade.
C'était à la fois une vraie nécessité, mais aussi l'occasion de montrer, alors que le conseil municipal a voté une augmentation des impôts le 19 décembre, que la ville participe aussi à l'effort collectif. » Conséquence : le champagne sera remplacé par du mousseux et la décoration de la salle supprimée.
Et dans la catégorie petits budgets, on peut décerner la palme à Saint-Amand-les-Eaux. Le maire communiste Alain Bocquet prévoit ainsi 1 300 E pour 500 personnes, simple galette des rois et coupe champenoise.
Mais toutes les collectivités ne sont pas si loquaces sur la question du coût. À Roubaix, on ne communique ainsi aucun montant tout en affirmant que le coût des voeux n'augmente pas. À Lambersart, c'est décidé, le député-maire Marc-Philippe Daubresse baisse toutes « les dépenses compressibles de 5 % » et les voeux en font partie, assure le parlementaire sans pour autant afficher le montant du coût des voeux. Une somme que l'on n'arrive pas non plus à trouver en mairie de Lille, où l'on en souligne que pour les voeux, le décor était le même que l'an dernier et que tout se fait en interne, sans frais de location de salle. « En mairie comme en communauté urbaine de Lille, on n'a jamais fait de grandes cérémonies fastueuses mais c'est vrai qu'on a serré les dépenses en fabriquant tout en interne », note le directeur de cabinet de Martine Aubry à la communauté urbaine de Lille.

Voeux du maire : fleurs et sermons

Vendredi soir, la cérémonie des voeux du maire s'est déroulée en toute sobriété à la salle des fêtes. Cadre de vie, vidéosurveillance, logement... Jean-Pierre Brand n'a fait l'impasse sur aucun dossier dans un discours moralisateur. ANGÉLIQUE DA SILVA-DUBUIS > angelique.dasilva@nordeclair.fr À l'issue du diaporama retraçant les grands moments de l'année écoulée, repris dans le journal municipal, la petite phrase du maire concernant les soucis de distribution du journal municipal aurait pu passer inaperçue voire anecdotique. À un détail près : la remarque de Jean-Pierre Brand concernait des membres de l'opposition. Début d'année prometteur chez les élus bousbecquois. Si beaucoup de villes font appel aux services de la Poste pour assurer le portage des publications municipales, à Bousbecque la distribution est assurée par les élus. Par tradition et sans doute par souci d'économie. « C'est la première fois que cela arrive, pour ma part cela fait 20 ans que j'y participe, nous sommes tous élus d'un même conseil municipal avec les mêmes devoirs... », entamait le maire désireux de faire toute la lumière sur cette affaire avec « les responsables » s'excusant auprès des administrés qui n'ont pas ou tardivement reçu le bulletin municipal. En marge de la cérémonie, M.Da Silva, conseiller municipal du groupe UMPB, et Mme Cauchie, tête de liste, n'ont guère apprécié allant même, pour le premier, jusqu'à qualifier les propos du maire de « calomnie » tout en reconnaissant avoir distribué le fameux bulletin, à raison d'une centaine d'exemplaires, avec quelques jours de retard « le soir après le travail, à 22h, par -2°, tout ça pour faire des économies de bouts de chandelles. » Par les temps qui courent, elles sont pourtant à la mode... Après cette entrée en matière plutôt cocasse, la cérémonie s'est attachée aux sujets qui préoccupent véritablement les administrés. Jean-Pierre Brand a fait un tour d'horizon des différents services à la population et évoqué les projets à venir. Parmi eux : l'aménagement très attendu de la friche Dalle-hygiène  : 24 000m² de foncier entre le centre-ville et les bords de la Lys. Le projet est toujours à l'étude et semble faire les frais du marasme économique : « Je pensais pouvoir vous présenter ce projet ce soir mais les événements que nous connaissons ont retardé sa validation. » Déficit de logements sociaux Le maire a néanmoins insisté sur l'exigence imposée aux aménageurs à savoir 40 % de logements sociaux. « Aïe, aïe, aïe, certains vont me dire les problèmes vont arriver. Savez-vous qu'au Domaine de la Vallée, il y a 20 % de logements sociaux, qu'au Tissage Delannoy 80  %, et tout se passe bien. » Avec 14,5 % de logements sociaux (sur un minimum imposé de 20 % par la loi SRU) Bousbecque accuse un lourd déficit qui lui coûte 18 000 euros de pénalités annuelles. Au registre des finances, le maire s'est félicité de la capacité d'autofinancement de la commune notant au passage des dépenses de personnel importantes mais contenues par rapport à d'autres villes (47,97 % du budget de fonctionnement). L'événement marquant de l'année 2008 reste l'ouverture du boulevard de la Lys. Dossier pour lequel le maire a insisté sur la concertation exemplaire entre le département et les agriculteurs, avec un hommage particulier à Marie Deroo à qui il a remis un joli bouquet de fleurs. « Le sweat à capuche est en vogue » Enfin, le maire a appelé les Bousbecquois au civisme (stationnement, détritus, feux ouverts...), sans oublier d'évoquer, avec une certaine fierté, la mise en place de la vidéosurveillance : « Nous ne pouvons pas nous laisser malmener par des individus peu scrupuleux du bien public mais aussi du privé. Pour 2008, le coût des incivilités est de l'ordre de 15 000 euros... Lorsque l'on n'a rien à se reprocher, on n'a pas crainte à se faire filmer » , déclarait le maire en notant ironiquement un regain d'intérêt pour la mode du sweat à capuche. Avis à ceux qui doutent encore de leur utilité, les caméras de surveillance servent aussi à décrypter les codes vestimentaires... Bousbecquois, soignez vos garde-robes !


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