La cacophonie du dimanche
Publié le mardi 16 décembre 2008 à 06h00
La question de l'ouverture des magasins le dimanche devrait être présentée aujourd'hui à l'Assemblée. Alors que la majorité parlementaire débattait hier encore âprement sur le sujet, les députés de la région livrent leurs positions.
CÉLINE DEBETTE ET MATTHIEU MILLECAMPS > region@nordeclair.fr
Alors qu'on attendait, hier, la date de la présentation devant l'Assemblée nationale de la proposition de loi de Richard Maillié, député UMP des Bouches-du-Rhône, la cacophonie était encore de mise dans les rangs de la majorité parlementaire sur la question du travail du dimanche. Pour tenter de contrer la fronde d'une partie des députés UMP, Jean-François Copé, président du groupe UMP, a proposé hier matin un « compromis » : que les magasins ouvrent « un dimanche par mois » et « les quatre dimanches du mois de décembre ». Une proposition qui a immédiatement déclenché une cascade de réactions, dont celle de Richard Maillié, qui a estimé qu'elle n'était « pas réaliste »...
Dans la soirée, c'était au tour de Nicolas Sarkozy de jouer le médiateur auprès des députés UMP. Conclusion : le texte ne proposerait plus que dix dimanches travaillés, au lieu des cinq actuellement autorisés(lire en dernière page).
Et tandis que le ping-pong se poursuivait à Paris, dans la région les parlementaires de la majorité ne se disaient pas tous du même avis... Sébastien Huyghe, député (UMP) de la 5e circonscription du Nord, se disait prêt à voter pour le texte initial. « Le Nord, en particulier, est confronté à la problématique de la concurrence transfrontalière », avance-t-il, insistant par ailleurs sur le fait que ces « dérogations supplémentaires ne concerneront que les magasins de meubles et les jardineries ». Thierry Lazaro, député (UMP) de la 6e circonscription du Nord, se dit aussi favorable au texte de Maillié, « dans la mesure où ce texte ne remet pas en cause le principe du dimanche comme jour de repos ». Le député-maire de Phalempin insiste cependant sur la nécessité de « veiller à encadrer particulièrement la notion de volontariat ». Francis Vercamer, député (Nouveau centre) de la 7e circonscription du Nord, a l'adhésion moins inconditionnelle. « Je suis contre la généralisation du travail le dimanche. Mais cette proposition ne porte que sur un aménagement supplémentaire aux 180 qui existent déjà », note-t-il. S'il votera « pour », il aurait préféré « une loi qui remette à plat l'ensemble des régimes particuliers des personnes qui travaillent le dimanche, pour qu'il y ait une réelle égalité entre les salariés » .
André Flajolet, député UMP de la 9e circonscription du Pas-de-Calais, estime lui aussi que la proposition de loi Maillié comporte des failles. Le texte « fait une distinction entre quatre agglomérations (Lille, Marseille, Lyon et Paris) et le reste du territoire », note le député qui estime que le texte « ne règle pas la différence de statuts entre les employés qui sont déjà dans des schémas dérogatoires et les nouveaux qui bénéficieraient d'un double salaire ». Plus globalement, c'est « la priorité donnée à un principe de consommation plutôt qu'à un principe familial, culturel et cultuel » qui gêne le député UMP.
À gauche, si Martine Aubry, maire de Lille et Première secrétaire du PS, a décidé d'attendre ce mardi matin pour s'exprimer sur le sujet, Yves Durand, député maire (PS) de Lomme, juge que « cette décision de faire travailler les gens le dimanche n'est pas seulement un non sens économique : c'est un véritable bouleversement social qui touche à la conception de l'homme et de la femme, qui ne sont plus considérés que comme des consommateurs » .





